Une récente étude d’Opinion Way dévoile le rapport des Français aux objets connectés. La plupart disent mal les connaître. Le point sur les résultats.

Enquête sur les objets connectés : 56% des Français disent mal les connaître

Les objets connectés envahissent les magasins spécialisés mais connaissent un succès mitigé. Un récente étude du cabinet Deloitte révélait déjà la timidité des ventes et la faible adhésion des Français, quand deux spécialistes du secteur affirmaient qu’un objet connecté ne vaut rien sans le service adéquat. Qu’en pensent réellement les consommateurs? La dernière enquête de l’institut Opinion Way intitulée “Les Français et les objets connectés”, dévoile une certaine méconnaissance du sujet. Réalisée fin février et début mars 2016 à la demande du salon DISTREE#Connectdays, l’étude interroge plus d’une centaine de fabricants et distributeurs (qui figuraient sur des listes des organisateurs de l’évènement) sur leur perception de cette relation. Ils ont souvent répondu de la même manière que l’échantillon de 1002 consommateurs, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Philippe Le Magueresse, Directeur général adjoint d’Opinion Way, a présenté les résultats à la presse jeudi 17 mars. Même si une majorité de Français connaissent mal les objets connectés, une minorité de personnes averties ont une opinion souvent différente et plus tranchée.

Une majorité de Français ont une connaissance limitée des objets connectés…

56% des Français affirment mal connaître les objets connectés. Ils sont 47% à penser les connaître plutôt mal et 9% très mal. Ces résultats sont en phase avec la perception des professionnels interrogés. “Ces distributeurs et fabricants, dans des proportions équivalentes - autour de 4 sur 5 - ont le sentiment que les Français connaissent plutôt mal les objets connectés”, explique Philippe Le Magueresse. Et pour cause, rares sont ceux qui en possèdent. Seulement 35% des Français disent détenir au moins un objet connecté sur une liste d’une quinzaine qui ne comprend pas le smartphone. “C’est un sujet compliqué parce qu’une télévision peut être connectée sans être forcément un objet connecté, de la même manière que le smartphone”, note le directeur général adjoint. C’est justement la télévision connectée qui arrive en tête des objets connectés que possèdent le plus les Français, même si l’aspect connecté peut ne jamais être utilisé. Ensuite, “ce qui tourne autour de la sécurisation, les alarmes et caméras connectées” arrivent en deuxième position : “1 répondant sur 10 a dit posséder un tel objet”, précise le DG adjoint d’Opinion Way. “Une des raisons pour laquelle les français ne sont pas si à l’aise que cela avec ces objets connectés dans leur majorité c’est qu’il n’y a pas encore un usage qui y est associé”.

En effet, la population a globalement une compréhension restreinte du sujet mais néanmoins un intérêt. Les sondés citent principalement trois directions vers lesquelles devraient se développer ces objets connectés. En premier lieu : la santé. 64% des Français considèrent que c’est un secteur prioritaire pour le marché. “Ce qui caractérise notre époque c’est la chute des frontières et aujourd’hui entre l’alimentation, la santé, le bien-être et le sport il y a de plus en plus de ponts effectués par les Français qui voient bien les liens entre les différents éléments donc quand on dit “Santé” il s’agit de leur perception, de ce qu’ils associent à la santé”, détaille le responsable de l’institut de sondage. Ce chiffre était attendu par 83% des distributeurs et 85% des fabricants. La sécurité (pour 53% des répondants) ainsi que l’énergie et la domotique (pour 51% des personnes interrogées) complètent les marches du podium des consommateurs. Fabricants et distributeurs approuvent, même s’ils ne les classent pas dans le même ordre. Pour 87% des fabricants, l’énergie et la domotique sont le premier domaine de développement des objets connectés pour les Français.

Ces derniers imaginent donc un futur. Philippe Le Magueresse explique la démarche de l’institut pour la dernière question : “On s’est dit essayons de définir trois voies par rapport à l’avenir des objets connectés et demandons l’avis des Français”. Résultat : Seuls 15% des répondants affirment que les objets connectés est une mode qui passera. À l’inverse, ils sont 49%, soit presque un sur deux, à dire qu’ils vont se développer mais que cela ne va pas tout bouleverser et 35%, un peu plus d’un tiers, à l’associer à une révolution comme internet il y a quelques années, “à la Jeremy Rifkin” détaille le DG. Encore une fois, fabricants et distributeurs ont plutôt bien senti le mouvement.

Parmi les personnes qui se disent connaisseurs des objets connectés en revanche, les chiffres sont tout autre.

Qui sont les Français familiers avec les objets connectés et quels sont leurs opinions sur le sujet

Sur les 1002 Français interrogés à propos de leur connaissance des objets connectés, seulement 8% disent très bien les connaître et 36% répondent “plutôt bien”. Cet échantillon de 8% d’experts se compose de 60% d’hommes, plutôt jeunes : de 38,5 ans en moyenne, 49% ont moins de 35 ans. Ils sont aussi plus favorisés et plus diplômés que la moyenne et sont 49% à avoir au moins un enfant de moins de 18 ans. Ce profil a une vision et un usage différent des objets connectés de la plupart des Français. Eux sont 71%, soit ¾, à posséder en moyenne 2,2 objets connectés.

Ces experts, associés aux 36% de connaisseurs, forment un échantillon de 428 personnes qui consultent un grand nombre de sources d’informations. Quand on leur demande quelles sont-elles, 58% évoquent les discussions avec leur entourage, une majorité consulte des sites internet (de vente en ligne exclusivement, de distributeurs ou de marques et des comparateurs de prix). Enfin, 50% se rend en magasin pour s’informer en regardant les différents produits. Un classement conforme à l’idée que s’en faisait 80% des distributeurs et fabricants. De nombreuses autres sources sont utilisés dans une moindre mesure, comme par exemple la lecture de contributions sur un forum ou un blog spécialisé pour 36% des 428 répondants.

Ceux qui disent bien connaître les objets connectés envisagent logiquement plus de domaines de développement. “Cette population nous a cité plus de secteurs que la moyenne avec, par exemple, l’électroménager à hauteur de 44% contre 30% pour la moyenne, et également les loisirs, les animaux avec les colliers etc. Cela montre que cette population connaît un petit plus le sujet et est capable de citer un nombre plus grand de secteurs avec parfois des choses un peu anecdotiques”, analyse Philippe Le Magueresse.

À cet échantillon, l’Institut Opinion Way a également demandé quels bénéfices et quels risques ils associent aux objets connectés.”Les bénéfices sont assez en ligne avec les secteurs qu’ils voient progresser avec intérêt”, remarque le DG. En effet, 49% de ceux qui connaissent mieux les objets connectés sont tout à fait d’accord avec l’idée que cette technologie leur permet de surveiller leur logement à distance, ce que l’on peut relier à la domotique. Ils sont aussi 46% à penser que cela leur permet d’être alertés en temps réel en cas d’urgence (si un proche est malade, ce qu’on peut lier à la santé, ou qu’il y a une fuite d’eau). Enfin, 44% des sondés experts associent les objets connectés à un moyen de les aider à mieux contrôler leur consommation d’eau, d’électricité, de gaz.. “Aujourd’hui une grande tendance dans la consommation, compte tenu de la pression budgétaire et financière pour les ménages, c’est de trouver une solution pour économiser ,dépenser moins pour la même prestation”, d’où le succès des objets connectés qui le permettent. Huit autres bénéfices sont reconnus par une majorité de répondants parmi les 428 interrogés. Une convergence de vue peut une nouvelle fois être notée avec les fabricants et distributeurs.

Quand aux risques, ceux qui remportent la plus grande adhésion dans la liste proposée sont : un prix trop élevé (par 45% des connaisseurs), la gestion des données collectées (par 33%) et le risque de dépendance (par 28%). “L’attente numéro 1 des Français c’est la recherche du vrai bon rapport qualité prix donc quand on dit que le prix est trop élevé c’est qu’ils ne voient pas le bénéfice”, décrypte Philippe Le Magueresse. “Les Français ne voient pas bien à quoi ces objets connectés peuvent servir, ils peuvent les voir comme des gadgets un peu chers et dont on va assez vite se séparer”. C’est d’ailleurs le 4e risque cité. Quand à la dépendance, Opinion Way a réalisé une étude “On a relevé un moment donné sur la toile les associations au mot addict. On retrouve des choses qui sont associés aux drogues mais aussi beaucoup de choses autour des smartphones et de l’univers high tech avec des comportements addict par rapport aux réseaux sociaux notamment”. Ces freins à l’usage des objets connectés n’empêchent pas les consommateurs experts d’être quasiment un sur deux, 47% à penser que ces technologies sont en réalité une révolution, soit 12 points de plus que pour l’ensemble des Français.

Rédigé par Sophia Qadiri
Journaliste