La France a bien du mal à conserver son rang de quatrième puissance industrielle mondiale sur la planète du commerce électronique, comme se lamente un expert au ministère de l’industrie “nos patrons...

La France a bien du mal à conserver son rang de quatrième puissance industrielle mondiale sur la planète du commerce électronique, comme se lamente un expert au ministère de l’industrie “nos patrons raisonnent encore francs-français”. Selon Andersen Consulting, il existe en France environ 5 sites Web pour 1 000 habitants, contre 10 en Allemagne et 90 aux Etats-Unis. Entre l’Hexagone et l’Amérique du Nord, le rapport de l’équipement informatique des foyers serait de 1 à 3. Associé d’Andersen Consulting, Jean-Claude Guez estime “en France, les lourdeurs administratives ne facilitent ni la création de nouveaux intermédiaires, ni la remise en cause des emplois dans la chaîne de distribution classique” et d’ajouter “La France et l’Europe ont deux ou trois ans pour se réveiller avant que les consommateurs jeunes et riches ne remplissent leurs caddies virtuels de produits américains et asiatiques”. Sans que l’on y prenne garde, les premiers sites américains destinés au grand public ont en effet depuis quelques mois exporté leur savoir-faire en Europe en matière de commerce électronique et sont en passe de structurer le marché à leur profit. Ainsi, la plus grande librairie virtuelle du Net, Amazon.Com a fait récemment irruption en Angleterre en rachetant le plus grand service en ligne britannique Bookpages et en Allemagne en rachetant le n° 1 allemand Telebook. D’ores et déjà, Amazon.Com se propose d’offrir des “prix compétitifs” en Grande-Bretagne. Son arrivée n’est cependant pas passée inaperçue. Début octobre, Bertelsmann, déjà associé avec AOL sur l’Europe, a racheté 50 % de Barnes & Nobles, le principal concurrent d’Amazon.Com. Toutefois, peu d’entreprises européennes peuvent s’autoriser de tels investissements dans un secteur où la rentabilité est aléatoire. Mais comme le résume Agnès Touraine (Havas Interactive) “soit les groupes français et européens s’entendent pour réagir, soit on va finir par se retrouver dans une réserve d’Indiens”.

Question statistiques, on ne compte plus les prévisions en matière de commerce électronique. Toutefois, un grand nombre ne distinguent pas le commerce électronique intra-entreprise de celui beaucoup plus modeste à destination des consommateurs. Selon une étude publiée à Milan le mois dernier par la société d’études KPMG Consulting, les entreprises européennes devraient réaliser un chiffre d’affaires de 1 990 milliards de dollars en 2001 dans le domaine de la vente électronique. Dans une autre étude de Forrester Research, la publicité sur Internet devrait cette année représenter 300 millions de F en Europe, soit trois fois plus qu’en 1997. (Dossier de deux pages La Tribune 29/10/1998)