D'après un rapport publié par Zscaler, Facebook s'essouffle, attaqué de toute part sur son processus de publicité inefficace selon les marques, et pour son introduction en bourse sur-cotée. Malgré un petit sursaut de 1,42% au second trimestre 201, la tendance attendue est une chute vertigineuse de trafic de 11% en 1 an pour atteindre la modeste barre de 41,2% au 1er trimestre 2012. A contrario Twitter, lui, continue sa poussée vertigineuse de 7% au cours du 2ème trimestre.

« Facebook est arrivé à un stade où il ne progressera plus »

Julien Aubier directeur associé de Azerty-communication spécialisée dans les stratégies digitales nous décrypte ces tendances.

L’Atelier : Facebook au ralenti, twitter en pleine ascension... Pourquoi ces réseaux sociaux ont-ils une évolution si différente ?

Julien Aubier: Je mettrais le point sur la courbe de croissance du service. Facebook est en phase maturité alors que Twitter en phase de croissance. Facebook a beaucoup grandi (950 millions d’utilisateurs) et il est arrivé à un stade où il ne progressera plus. Son potentiel de recrutement de nouveaux consommateurs reste très limité, puisque son plafond s’élèverait environ à 1,2 milliards présent sur ce réseau social. A cela s'ajoute une lassitude des utilisateurs qui ont fait le tour de Facebook additionné à un changement de format permanent. Enfin la logique économique a pris beaucoup le pas sur un nombre de services croissants payants aussi bien pour les marques que pour les utilisateurs. De son côté, Twitter est encore dans un modèle de croissance plutôt jeune. Sa logique n’est pas encore passé du côté de la monétisation. Il est sans publicité -ou elles sont minimes- et surtout, il n’a pas encore exploité tout son potentiel.

L’Atelier : Vont-ils évoluer de la même façon ?

Julien Aubier: L’avantage de Facebook est aussi son défaut. Il a une cible très très large. On peut y recenser toutes les populations et presque toutes les générations, alors que Twitter garde une certaine clientèle plus élitiste, qui sont les professionnels. Mais le grand public de Facebook n’est pas disposé à payer pour naviguer sur ce site. Ils ont l’habitude que cela soit gratuit. Enfin de compte, en décidant de passer à un modèle de monétisation par la publicité, Facebook a voulu apporter une multitude de services aux marques, à ses clients et a délaissé son concept de relations humaines. Pour Twitter, la tendance est encore différente. Le site de microblogging s'améliore et intègre plus facilement les photos et les vidéos. Il devient plus multimédia. Enfin le site est devenu cross canal avec l'extension de l’application sur mobile.

L’Atelier : Comment voyez-vous ces réseaux sociaux dans le futur ?

Julien Aubier : L’avenir des deux réseaux sociaux reste inconnu. Je pense que cela dépend du management et de la stratégie des dirigeants. Après sa débâcle en bourse, Facebook va changer son équipe. Si son schéma reste le même, centralisé sur le rendement, cela risque de ne pas fonctionner. Facebook doit à mon avis se pencher plus sur le mobile, pour offrir à ses utilisateurs deux expériences différentes. Une sur le site, une sur le mobile qui sera bientôt le moyen de communication utilisé en majeure partie pour surfer. C’est changer la façon d’utiliser Facebook et encourager les personnes à venir interagir. De son côté, Twitter va bien sûr continuer à grandir et à évoluer. Son potentiel est large mais lui aussi va devoir trouver un moyen d’offrir de nouveaux services sans pour autant tout baser sur la monétisation et la publicité.

Rédigé par Damien Bréteau
Journaliste