Les agences immobilières déploient leur coeur de métier sur des plateformes mobiles et privilégient une approche sociale pour étendre l’expérience client au delà de la transaction.

Faciliter la recherche d'appartement grâce aux plateformes digitales

De nombreuses industries traditionnellement rigides et régies par des protocoles balisés  sont progressivement affectées par les changements permis par le Big Data et les avancées numériques, les services de documentation légale, cabinets d’avocats ou encore les départements de ressources humaines des grandes entreprises. Le marché de l’immobilier qui constitue encore un marché opaque où de nombreuses asymétries d’information sont légion ce qui le rend parfaitement mature pour une transition digitale libérant de nouvelles synergies pour les différents partis en présence.

Recentrer l’attention sur le client

Plusieurs startups proposent des services de recherche d’appartements s’appuyant sur la technologie Big Data et des algorithmes complexes constamment mis à jour, certaines sont en place depuis plusieurs années. Redfin dont l’Atelier avait déjà parlé ici en 2006 vise par exemple à faciliter la recherche de locations grâce à un logiciel brassant un volume important de données pour améliorer la relation entre les agents et leurs clients. Selon Glenn Kelman, CEO de l’entreprise « Il s’agit de réorienter le secteur entier en faveur des consommateurs. », cette stratégie s’avère être payante, Redfin a enregistré en 2013 un chiffre d’affaires de 100 million de dollars. Le marché s’est depuis étendu et se déploie grâce à de nouveaux supports technologiques, utilisant notamment les possibilités offertes par les réseaux sociaux et la technologie Big data. L’approche de Redfin se distingue de la plupart des plateformes concurrentes du fait de son intégration de la recherche et des services de vente/location, une fois qu’un client a recherché et trouvé, gratuitement, une annonce qui lui convient, l’entreprise propose les services d’un de ses agents internes conduisant la transaction jusqu’à son terme.

Digitaliser complètement la chaine de valeur

Cependant la tendance vise à intégrer un spectre plus large de services grâce au développement de plateformes digitales. Ainsi Urban Compass, startup newyorkaise ayant déjà levé plus de 25 millions lors d’une opération la valorisant potentiellement à plus de 150 millions d’euros, digitalise les différents services offerts par une agence immobilières, les clients peuvent ainsi programmer leurs rendez-vous en ligne et les relie à ses « spécialistes de quartier »  grâce à une application mobile aux fonctionnalités multiples. La startup qui s’apprête à se lancer à San Francisco d’ici à la fin de l’année offre une alternative aux services en ligne comme Craigslist qui recèle de nombreuses annonces trompeuses ou frauduleuses, apporte plus de sécurité dans un secteur encore balbutiant, l’immobilier en ligne. Urban Compass propose d’aller au delà de la simple recherche d’appartements, à long terme l’entreprise ambitionne de proposer une expérience compréhensive aux clients se maintenant une fois la transaction conclue, en s’associant à Condé Nast et en constituant progressivement un réseau de commerces locaux affilié. Elle souhaite offrir des services après l’emmenagement. Selon Ori Allon son fondateur l’entreprise est maintenant “Concentrée sur le post-marché, comment permettre un déménagement sans frictions et accompagner nos clients au delà de la transaction immoblière.” L’objectif de la startup est donc de mettre en place un hub digital mettant en relation les commerces locaux(restaurants, magasins de meubles, opérateurs Internet et clients potentiels afin de redynamiser la vie de quartier. D’autres startups cherchent à l’inverse à remonter la chaine de valeur et mettre en place des communautés en ligne en amont de la construction de nouveaux projets. Surnommé le LinkedIn de l’immobilier l’entreprise Honest Buildings basée à New York vise à mettre en relation propriétaires, promoteurs, ingénieurs et architectes pour fluidifier la mise en place de nouveaux projets et le recrutement de collaborateurs.

Rédigé par Thomas Meyer
Fonction - Journaliste, Business Analyste