Le système, qui consiste à proposer gratuitement un module au téléchargement et de le monétiser via des bannières ou la vente de biens virtuels, pourrait bien se généraliser en 2012.

 

En 2011, près de 88 % des deux cents cinquante applications pour iOS les plus populaires étaient proposées en téléchargement gratuit, avec la possibilité ensuite de monétiser ces modules via des bannières insérées dans l’application ou par la vente de biens virtuels.  Et selon ABI Research, qui publie une étude sur le sujet, en 2012, il se pourrait bien que ce soit l’ensemble des applications qui adoptent ce modèle freemium, jusqu’ici très populaire sur le web.  La raison ? La gratuité, même temporaire, reste un très bon argument marketing. « Le freemium n’est pas seulement un moyen de monétiser, mais aussi de communiquer », souligne ainsi Aapo Markkanen, analyste senior pour le cabinet. Qui rappelle qu’il est évidemment bien plus facile de télécharger spontanément une application gratuite qu’une autre payante.

Un argument marketing

Du coup, un nombre plus important de personnes  acquièrent ces modules et laissent des commentaires, ce qui les place rapidement parmi les modules les plus populaires. « Cela signifie que les applications payantes ont plus de mal statistiquement à se hisser aux premières places ». Reste que pour que le modèle fonctionne et génère véritablement de l’argent, il faut que le processus – hors bannières - soit incitatif et simple. « Les achats au sein d’une application sont souvent impulsifs, l’expérience de paiement doit donc être très intuitive et aisée à réaliser », note Dan Shey, responsable du département Services mobiles. Et selon lui, Apple dispose d’une longueur d’avance sur la question. 

Des disparités régionales

A noter que l’adoption du modèle freemium diffère selon les régions. En Inde et en Afrique du sud, il est très plébiscité : seulement 5 % des applications les plus populaires sont payantes. Dans des pays comme l’Allemagne, le chiffre grimpe jusqu’à 17 %. Et étonnament, c’est aux Etats-Unis que le modèle est le moins adopté : là, seulement 10 % des « Top Apps » sont proposées gratuitement. Un contraste qui peut s’expliquer par le contenu des modules acquis. En effet, selon ABI Research, un quart des modules les plus populaires et qui concernent l’aide à la navigation ou la météo sont des modules payants. Alors que seulement 3 % des applications liées au style de vie, 5 % de celles dites de divertissement et 6 % des modules ludiques sont achetés.