Fuji, on se demande comment effectuer doucement la transition entre la photographie traditionnelle 24 x 36 reposant sur le film argent et la technologie numérique. Dans un premier temps, les deux gr...

Fuji, on se demande comment effectuer doucement la transition entre la photographie traditionnelle 24 x 36 reposant sur le film argent et la technologie numérique. Dans un premier temps, les deux groupes en créant un nouveau standard photo, en association avec Canon, Minolta, Nikon, ont tenté d'apporter une première réponse. Mais jusqu'à présent, l'APS "Advanced Photo System" vendu en moyenne 20 % plus cher que l'argentique classique n'a pas connu un succès foudroyant. Tout en mettant de plus en plus l'accent sur le numérique, Fujifilm continue à développer le vieil argentique. Minoru Ohnishi, PDG de Fuji Photo Film, estimant que les deux technologies sont "complémentaires", tente d'ouvrir une troisième voie, celle des systèmes "hybrides" mariant les deux. Ainsi très bientôt, côté traditionnel, Fujifilm lancera un nouveau concept de film négatif 24 x 36, "Superia" dont l'émulsion a profité des améliorations apportées par l'APS. Côté numérique, un nouveau service pour les magasins photo sera lancé. Les clients pourront ainsi graver des photos sur disque compact, faire des tirages à partir de ce support ou bien imprimer des photos réalisées avec un appareil numérique. De plus, les clients pourront commander, via Internet, des tirages de photo qu'ils auront tout d'abord fait stocker sur le réseau. Un "minilab" quasi "universel" pouvant traiter aussi bien les photos numériques que les films 135 et les films APS a été mis au point par Fuji afin de faire fonctionner ce service disponible le mois prochain au Japon et en novembre aux Etats-Unis. Cet appareil hybride sera le seul équipement de photofaçonnage au monde à pouvoir développer également les diapositives. Dans un premier temps, seul le service sur Internet sera proposé en France. Kodak, de son côté, vient d'annoncer le prochain lancement aux Etats-Unis d'un service de stockage des photos sur le réseau mondial. Le groupe Fuji concentre ses efforts sur les Etats-Unis et la Chine où il commencera, avant la fin de l'année, la production d'appareils photo APS et numériques. Toutefois, l'Europe n'est pas pour autant oublié, puisque il vient d'acheter, en France, 100 % de ses filiales françaises à la famille Develay qui détenait la totalité du capital de Fujifilm France et 50 % des laboratoires Fujifilm. Avec environ un quart du marché (hors minilab), Fuji est en France le numéro un du photofaçonnage devant Kodak. (Les Echos - 29/08/1997)