Opower propose en partenariat avec Facebook un site collaboratif sur lequel les individus peuvent comparer leurs habitudes énergétiques et s'échanger conseils et bonnes pratiques

La gestion de la consommation électrique s'en remet aux réseaux sociaux

Pour pousser les habitants américains à une consommation énergétique plus responsable, Opower, en  association avec Facebook et le Conseil national de défense des ressources américaines (NRDC), a mis au point un site collaboratif centré sur le thème de la gestion énergétique. Celui-ci propose en fait aux utilisateurs de télécharger sur le Net leur consommation électrique personnelle et de la comparer, par exemple à celle de leur voisin. Les organisateurs visent de fait la mise en place d'une sorte de course à la rentabilité énergétique, ainsi que la création d'un échange entre consommateurs sur les meilleures astuces et pratiques. Cette rentabilité énergétique représente de fait un enjeu économique majeur. Le NRDC considère ainsi qu'une adoption généralisée de meilleures pratiques pourrait à l'Etat une économie de plus de 700 milliards par an.

Les réseaux sociaux, outils de sensibilisation efficaces...

Si les contenus seront sur un site indépendant, le lien avec Facebook sera clair : le réseau social fera de la publicité encourageant les internautes à se rendre sur la plate-forme. Une exposition médiatique plutôt intéressante quand on sait que 200 millions de personnes possèdent un compte en Amérique du nord. "Le recours à un réseau social est un excellent moyen de sensibiliser les gens à une gestion plus intelligent de leur consommation", confirme à L'Atelier Fredéric Bordage, expert GreenIT et fondateur de GreenIT.fr. "De fait, l'émulation présente sur ce type de réseau fait que si quelqu'un adhère à un mouvement, ses contacts auront tendance à faire de même". Il nuance toutefois, en expliquant que ce type d'initiative ne peut être appliquée dans tous les pays.

...Mais ne pouvant être intégrés à un processus global

"En France, par exemple, les utilisateurs ne disposent absolument pas de données régulières quant à leur consommation. Il manque les outils pour impliquer réellement ces derniers". Reste à savoir si, à terme, il sera possible d'utiliser ces réseaux sociaux de manière encore plus poussée, pour faciliter l'adoption par les consommateurs de pratiques de gestion de leur consommation. "Non", répond clairement Frédéric Bordage. Et de préciser: "le smart grid repose sur un principe simple, à savoir l'instantanéité des informations. Celle-ci est nécessaire à une modulation efficace de la production comme de la consommation". Or, à son sens, pour rapides qu'ils soient, les réseaux sociaux présentent toujours un décalage avec les chiffres réels, et ne peuvent donc servir à collecter des données. Leur rôle restant celui d'une plate-forme pour échanger avec ses pairs sur cette même consommation et apprendre à mieux la maîtriser via des outils et des comparatifs

Rédigé par Johnatan Farouz