Le leader des moteurs de recherche rentre partiellement dans le rang et annonce limiter à 18 mois la conservation des données qu'il récolte sur les internautes...

Le leader des moteurs de recherche rentre partiellement dans le rang et annonce limiter à 18 mois la conservation des données qu'il récolte sur les internautes.
 
Google, épinglé ces derniers temps par les autorités américaines et par un comité d'experts européens, met de l'eau dans son vin. Le moteur de recherche annonce réduire à 18 mois la durée de conservation des informations personnelles collectées sur les internautes, contre 24 mois jusqu'à aujourd'hui, selon Reuters.
 
Google à l'écoute des critiques?
 
Pour rappel, fin mai, un groupe d'experts européens dédié à la protection des données, l'Article 29 working party, avait adressé une lettre ouverte à la firme de Mountain View, dans laquelle il estimait que la conservation des données sur une période allant jusqu'à deux ans pouvait contrevenir aux lois communautaires sur la protection de la vie privée. En effet, Google conserve, pour chaque recherche effectuée sur son moteur, des données comme les mots clés, l'adresse IP ou les détails de certains cookies.
 
Il semble que la parole des experts ait été entendue. Dans une lettre adressée le 10 juin au groupe de l'Article 29, Peter Fleischer, conseiller de Google sur les questions de vie privée, annonce la mise en place d'une nouvelle politique par le moteur de recherche: "celle d'effacer toute donnée personnelle de nos serveurs après 18 mois plutôt qu'entre 18 et 24 mois, comme le stipulait la période établie auparavant".
 
Une victoire fragile
 
Dans son courrier, le conseiller rappelle néanmoins que la conservation des données est nécessaire. Ces informations permettent en effet à Google d'améliorer ses algorithmes de recherche mais aussi de combattre la fraude et de respecter les obligations légales. Mais, dit-il, "nous pensons que nous pouvons toujours répondre à nos besoins en matière de sécurité, d'innovation et de lutte contre la fraude avec une telle période". Que les défenseurs de la vie privée ne se réjouissent pas trop vite, cependant: "nous devons préciser que les futures lois sur la rétention des données pourraient nous obliger à revenir à 24 mois de conservation", a ajouté le conseiller de Google.

Google fait frémir une association de défense des droits de l'homme
 
La FTC (Federal Trade Commission), le régulateur américain, qui avait ouvert le une enquête préliminaire sur le rachat de la régie publicitaire online DoubleClick par Google pour 3,1 milliards de dollars, n'est pas le seul, avec les associations de consommateurs, à s'inquiéter de la confidentialité des données sur les internautes.
 
Le 9 juin, l'association humanitaire Privacy International, qui a publié un classement sur la confidentialité et les services Internet, a décerné à Google la palme du pire moteur de recherche, en le qualifiant d'"hostile à la vie privée".
 
"Nous sommes conscients que la décision de placer Google en bas de classement fait naître une controverse, mais nous avons relevé de nombreuses déficiences dans l'approche de Google envers la vie privée, qui vont bien au-delà de celles des autres sociétés", explique l'association, qui ajoute: "cela est dû en grande partie à la diversité et à la spécificité de la gamme des produits Google [...] et en partie à sa domination sur le marché et à la taille de sa base d'utilisateurs".
 
A la décharge de la firme de Mountain View cependant: les autres principaux acteurs d'Internet - AOL, Apple, Yahoo! ou encore MySpace - sont loin d'être irréprochables et sont qualifiés de "menaces substantielles" pour la vie privée. Il ne fait plus bon vivre de se promener sur la Toile…

(Atelier groupe BNP Paribas – 13/06/2007)