L'univers du jeu vidéo s'inspire du cinéma, ce n'est pas nouveau. A ce titre, l'exemple Starwars est éloquent : on ne compte plus le nombre de hits, reprenant l'univers de la célèbre saga...

L'univers du jeu vidéo s'inspire du cinéma, ce n'est pas nouveau. A ce titre, l'exemple Starwars est éloquent : on ne compte plus le nombre de hits, reprenant l'univers de la célèbre saga, derniers opus compris. Le processus inverse, un jeu vidéo adapté en film, est moins fréquent, mais il existe. Avec plus ou moins de succès...

En juin 2001 sort en France Lara Croft : Tomb Raider , l'adaptation cinématographique d'un des jeux les plus fameux sortis sur console PlayStation, avec Angelina Jolie dans le rôle titre. Avec 2,5 millions d'entrée, c'est un carton qui conduit les producteurs à remettre le couvert l'année suivante avec Tomb Raider : le Berceau de la vie .

Devant l'engouement que suscitent certains jeux vidéo, les investisseurs d'Hollywood ont bien compris que les adapter en long métrage, à défaut de servir le septième art, constituait une source de revenus non négligeable.

En dépit de nombreuses adaptations que même les plus irréductibles des fans renient, les producteurs s'obstinent à transposer les licences phare du jeu vidéo sur grand écran : le succès financier est toujours au rendez-vous. En 1995, Paul Anderson adapte le jeu Mortal Kombat au cinéma. Le film, généralement considéré comme un navet de la pire espèce, rapporte 150 millions de dollars. Le réalisateur récidive en 2002 et 2004 et monte deux longs métrages tirés de la série des Resident Evil . Avec de faramineuses recettes à la clé...

Le 16 novembre prochain sort sur les écrans français l'adaptation d'un des titres les plus célèbres de l'univers du jeu PC : Doom , dans lequel le joueur incarne un soldat confronté à des hordes de zombies et autres monstres issus de manipulations génétiques sur la planète Mars. Assez mal reçu par la critique, ce divertissement dans lesquels la plupart des fans affirment ne pas vraiment reconnaître ce qui fait pour eux le charme des jeux de la série éponyme (atmosphère glauque et malsaine, action rapide et ultra violente dynamisée à l'hémoglobine), le film Doom devrait certainement rencontrer un certain succès en France puisqu'il a caracolé en tête du box-office américain.

Autre succès en vue, dont la qualité laissera peut-être moins à désirer : l'adaptation du jeu Halo , titre phare de la console Xbox lors de son lancement, orchestrée conjointement par Microsoft et Peter Jackson, le réalisateur de la trilogie du Seigneur des Anneaux . Le cinéaste a accepté d'encadrer le tournage du film et devrait en être le producteur exécutif. Sortie prévue en 2007... Emmené par une campagne publicitaire massue et porté par un grand nom du cinéma, le film devrait faire un carton.

Bien que le passage du PC ou de la console de jeux au grand écran soit généralement assez peu réussi, cette transposition se révèle tout de même pour le cinéma l'occasion d'apprendre certaines techniques de son petit frère interactif. Ainsi, trouve-t-on dans le film Doom quelques séquences reprenant le principe de la "vue à la première personne" qui fait le succès des jeux de ce genre (le joueur voit à travers les yeux du personnage qu'il incarne au lieu de le voir de loin, ce qui permet une immersion bien plus grande).

De la même façon que certains concepteurs de jeu vidéo étudient le cinéma pour créer de nouvelles formes d'expériences vidéoludiques (voir le jeu Fahrenheit, de David Cage), le septième art devrait s'intéresser au jeu comme une source d'inspiration créatrice, et pas juste comme un pourvoyeur de licences lucratives...

(Atelier groupe BNP Paribas - 07/11/05)