Si les opérations sur le web et le mobile ne concernent pas encore la majorité des entreprises - et notamment des PME - dans le pays, l'engouement pour les plates-formes sociales devrait les décider à sauter le pas.

Au Kenya, le e-marketing doit commencer par les réseaux sociaux

"Avec 10 millions de personnes qui accèdent à Internet, et 5 millions qui le font avec leur téléphone, le Kenya dispose d'une audience importante et ouverte". Voilà ce que soulignait à L'Atelier Mark Kaigwa, consultant en web social et fondateur d'Afrinnovator à l'occasion du salon dédié au marketing Internet et digital en Afrique, Afri-Tech. Reste que si les consommateurs - jeunes (la moyenne d'âge au Kenya est de dix huit ans, soulignait lors d'une présentation Ian Calvert, co-fondateur de l'agence de marketing sud-africaine Instant Grass) - sont de plus en plus disposés à consommer, les marques ne savent pas encore forcément comment les engager sur ces supports. Si l'on regarde les chiffres proposés par comScore dans une étude sur les tendances digitales sur le Continent, il semble bien que ce soit sur les médias sociaux qu'il faille se concentrer. 

85 % des internautes fréquentent les réseaux sociaux

En mars 2011, ils concernaient près de 85 % de l'ensemble des internautes en Afrique, et représentaient un cinquième de leur temps de connexion. Facebook étant le grand gagnant. Constat confirmé par Mark Gaigwa. "En Afrique, et au Kenya en particulier, le social est avant la recherche", explique t-il. Avant d'ajouter : "D'ailleurs, Facebook est le site sur lequel les marketeurs dépensent le plus d'argent. Ils savent que les gens y accèdent de plus en plus, notamment en journée, depuis leur travail". Pour continuer dans les chiffres, au Kenya, ce sont environ 1,1 millions de personnes qui sont inscrites sur le réseau social, et 100 000 qui fréquentent Twitter, note le fondateur d'Afrinnovator. Autre secteur sur lequel se concentrer tout particulièrement : le mobile. Le marché des applications doit ainsi être regardé avec attention. 

Smartphones à bas prix et appstores adaptés

Si pour le moment, la majorité des téléphones sont des feature phones, et les opérations marketing sur ce support de l'ordre de l'envoi de SMS, les choses pourraient bientôt changer. Cela, avec le lancement de smartphones à bas coût : "en quatre mois, Huawei a vendu 60 000 unités d'IDEOS, ce qui représente 45% du marché des smartphones", note Mark Kaigwa. L'autre élément clé étant l'arrivée de trois appstores adaptés au marché local, comme celui de Safaricom, déjà lancé. A noter que si le marketing digital n'est pas encore généralisé, le marché est loin d'être vierge. "Kenya Airways, dès 2008, a lancé un service client via Facebook et Twitter", souligne le consultant. "Et côté PME, on peut citer l'exemple de Mapambo, un vendeur de bijoux faits main. Ils ont acquis une audience de 30 000 personnes sur Facebook en peu de temps, à moindre frais". Un dernier aspect à ne pas négliger pour des compagnies qui ne disposent par d'un budget publicitaire important.

Rédigé par Mathilde Cristiani
Head of Media