Les billets de blog et les commentaires emprunts d'une émotion négative ou positive encouragent les internautes à réagir, et renforcent du coup l'activité des réseaux.

L'émotion fédère décidément les communautés

Les commentaires négatifs peuvent jouer un rôle bénéfique sur l’activité d’un forum, en encourageant les internautes à réagir aux critiques les plus virulentes, soulignaient dans une étude l’université de Varsovie et celle de Wolverhampton. Constat confirmé par une autre étude, menée par l’Institut Jozef Stefan. Les chercheurs soulignent que l’émotion – positive ou négative – amène les internautes sociaux à s’impliquer davantage. Et engendre du coup un flux plus important d’échanges sur les plates-formes communautaires. Cette fois, les scientifiques ont combiné une approche statistique et des méthodes d’analyse automatique de texte, et se sont intéressés au réseau Digg en particulier.

Analyser l’émotion des commentaires

Ce dernier donne aux bloggeurs la possibilité d’évaluer la pertinence et la qualité de divers articles postés sur la Toile. Pour chaque billet, une option permet aux internautes soit de valoriser l’article (digg) soit au contraire de le dénigrer (bury), en fonction de l’intérêt qu’il lui accorde. L’approche des chercheurs consiste en fait à modéliser l’ensemble des données récoltées sur Digg, en établissant des liens entre les bloggeurs et les commentaires – positifs, négatifs ou neutres – qu’ils émettent. En clair, ils ont conçu un modèle bipartite intégrant deux catégories de nœuds : d’un côté, les internautes ; de l’autre, les posts et commentaires.

Des corrélations entre émotions négatives et évolution des communautés

Résultat : "appliqué sur différentes périodes, ce modèle révèle de fortes corrélations entre des émotions négatives et l’évolution des communautés", expliquent les scientifiques. "Nous avons observé des avalanches de commentaires emprunts d’émotions", ajoutent-ils. Commentaires découlant la plupart du temps d’une minorité d’internautes particulièrement actifs sur la plate-forme. L’étude a été menée à partir de données collectées sur Digg entre Février et Avril 2009 – pour plus de un million cinq cent milles commentaires écrits par plus de 870 000 utilisateurs.