Le travail collaboratif permet de motiver les salariés en leur faisant prendre conscience de leur rôle au sein de l'entreprise. Le processus n'est efficace que si la compagnie croit à l'importance de ces méthodes.

Entretien avec Daniel de Segovia Gross, CEO d'Hypios.

L'Atelier : Les entreprises passent de plus en plus à des solutions de réseau social interne afin de partager les idées, les compétences et les documents. De tels outils améliorent-ils l'engagement d'une personne dans son travail ?

Daniel de Segovia Gross : Les outils ne servent à rien s'ils ne sont pas soutenus par une politique et une culture d'entreprise qui revendique l'apport et les résultats qui en découlent. Si les employés sentent qu'un support logiciel n'est pas pris au sérieux par les dirigeants, ou que leur activité dans ce support n'a pas d'influence palpable sur le cours des choses, le logiciel "compte pour du beurre" et devient rapidement décoratif.  C'est la volonté qu'une entreprise démontre pour se socialiser, bien plus que les méthodes employées, qui décident des chances du succès.

De tels outils ne peuvent-ils pas mettre de côté les personnes les moins familières à leur utilisation et les démotiver ?

Absolument! Et c'est bien pour cela que les aspects pédagogiques et "moteurs de motivation" doivent être les principes premiers de tout projet d'implémentation de ces technologie de support intracommunautaire d'entreprise.  Il y a en plus un souci de motivation dès la formation : il faut bien communiquer le "pourquoi" avant de passer au "comment."Dans le cas contraire, le risque de se retrouver avec des employés en marge du processus est réel.

Quelles que soient les solutions proposées pour encourager l'engagement d'une personne au sein de son entreprise, ne faut-il pas toujours envisager une récompense : visibilité, argent, services supplémentaires ?

Non, car à mon sens, les deux motivations les plus porteuses dans le travail, je crois, sont "le sens" et "les fruits".  "Le sens," c'est la satisfaction et le bien-être qui émanent d'un travail que l'employé sait être bien fait parce qu'il existe des systèmes de "feedback" permettant à cet employé d'entrevoir comment sa contribution s'emboîte dans une activité plus large.  "Les fruits," ce sont les formes tangibles du travail de l'employé.  La satisfaction du travail bien fait peut être une récompense en soi, lorsqu'on on met à la disposition de l'employé les moyens de la percevoir. Si ces moyens existent, les autres "récompenses" deviennent ancillaires. 
 

Rédigé par Mathieu Paumard