Londres devrait accueillir en septembre une nouvelle carte de paiement sans contact. Selon ABI Research, cette initiative inaugure une adoption massive de la technologie dans le secteur bancaire sur le Vieux Continent.

"L'Europe est loin derrière l'Asie et les Etats-Unis en matière de paiement sans contact. Mais le continent est enfin prêt", annonce Jonathan Collins, analyste senior chez ABI Research. Une carte de paiement sans contact devrait d'ailleurs faire ses premières armes dès cet automne à Londres. Plus de 2 000 commerçants l'accepteront pour régler ses emplettes. Le test, s'il se révèle un succès, devrait déboucher sur un déploiement de la carte à l'échelle nationale. Avec les initiatives de Visa avec Visa payWave, ce scénario devrait également se répéter en Espagne et en France. D'ailleurs, selon ABI, il ne fait aucun doute que ce nouveau moyen de paiement devrait être plébiscité. Il représente en effet la possibilité pour les consommateurs de ne plus transporter d'argent sur soi, même de la menue monnaie, et il constitue pour les commerçants un moyen de règlement rapide.
Prochaine étape : le paiement par mobile
Son adoption devrait être impressionnante : pour le cabinet, la demande en logiciels et services sans contact devrait en effet passer de 260 millions de dollars en 2007 à plus d'un milliard en 2012. Cette expérience n'est pas une première en Europe, mais elle est la seule de cette ampleur à proposer des cartes qui utilisent le nouveau protocole EMV, le standard international de sécurité des cartes de crédit. Ces premiers pas du paiement sans contact devraient également stimuler le développement de la technologie Near Field Communication (NFC), qui permet de payer sans nécessiter de contact avec une borne grâce à son mobile.
Convaincre les différents acteurs
Mais plusieurs obstacles restent encore à dépasser. "Le sans contact est une technologie à l'utilité indiscutable", explique Jonathan Collins, qui ajoute : "Comme dans de nombreuses autres villes européennes, Londres voit chaque jour des millions de gens qui utilisent des tickets de transport sans contact dans les transports. Cependant, quand il s'agit de payer grâce à ce système, les défis sont tout autres et dépendent de certaines architectures business et partenariats. Avant que les commerçants n'acceptent d'améliorer leurs terminaux de paiement, il faudra les convaincre de l'existence réelle d'un intérêt pour eux". Enfin, le cabinet précise la nécessité pour l'Europe de s'inspirer du déploiement de cette méthode en Asie et aux Etats-Unis, où le paiement sans contact est un marché en pleine ampleur.

Mathilde Cristiani, pour L'Atelier
(Atelier groupe BNP Paribas - 16/08/2007)