Le boom des réseaux sociaux brésiliens représente une opportunité majeure pour la communication des entreprises. A condition de cerner efficacement le profil et les attentes des utilisateurs.

"L'internaute brésilien recherche une relation amicale avec la marque"

Interview avec Leslie Orsioli, directrice générale du bureau brésilien de We Are Social, agence de média sociaux ayant mis en place une branche au Brésil.

L'Atelier: Le marché brésilien est-il propice aux actions de marketing social?

Leslie Orsioli: De plus en plus! De fait, l'on observe  une arrivée massive des consommateurs brésiliens sur les réseaux sociaux. Un exemple parlant est la croissance du nombre d'utilisateurs de Facebook: il s'agit de la plus forte au monde. Ce sont ainsi 30 millions de Brésiliens qu'il est possible d'atteindre par ce biais, soit 15% de la population. Sans compter Sonico, l'autre réseau social en vogue en Amérique du sud, et qui compte plus ou moins le même nombre d'adhérents. Impossible donc pour une entreprise de passer outre ces nouveaux médias de communication. En ce sens, l'implantation de We Are Social fait sens, d'autant qu'il n'existe dans le pays que très peu d'entreprises vraiment dédiées à la gestion des réseaux sociaux. 

Quelles particularités présentent les internautes brésiliens?

Les internautes brésiliens, contrairement aux américains ou aux français, sont bien plus attentifs au ton de la communication. C'est à dire que sur les réseaux sociaux, ils vont rechercher avant tout un rapport qui soit amical, bienveillant. Bien évidemment, ils sont sensibles aux promotions ou à la qualité de l'offre, mais ce n'est pas ce qui importe le plus à leurs yeux. Ils veulent pouvoir développer un lien privilégié avec la marque, pouvoir parler d'eux, et être écoutés. Finalement, la marque devient un ami comme un autre, avec lequel ils dialoguent et échangent.

Du coup, qu'est-ce que cela implique pour la marque elle-même?

Plus qu'une simple campagne de promotion, il lui faut mener une campagne de séduction, ancrée dans le partage plus que dans l'imposition d'un contenu à vendre. La forme de la communication doit également être différente. Par exemple, le type d'humour qui prédomine au brésil ne permet pas l'emploi du second degré. Celui-ci n'est absolument pas compris comme tel, et un trait d'esprit visant à créer un lien avec le consommateur pourra être perçu comme une insulte. Au final, il est nécessaire de s'adapter à une culture bien plus directe dans son rapport aux marques.

Rédigé par Johnatan Farouz