Il a fait partie des pionniers de l’Internet en France. Le 8 juin 1994, il fonde le premier fournisseur d’accès à Internet : FranceNet. Sa société se lancera par la suite dans l’hébergement de sites web, prendra le nom de Fluxus (2000),...

Il a fait partie des pionniers de l’Internet en France. Le 8 juin 1994, il fonde le premier fournisseur d’accès à Internet : FranceNet. Sa société se lancera par la suite dans l’hébergement de sites web, prendra le nom de Fluxus (2000),… et sera très bien vendue à British Télécom en 2001. Une success story de quelqu’un qui a traversé la bulle Internet avec impertinence et intelligence. Il en a tiré un ouvrage plein d’humour et d’analyse : « Devenez beau, riche et intelligent avec PowerPoint, Excel et Word ».

Insatiable, il lance en avril 2003 Ozone, une start-up qui ambitionne de créer un réseau dense et continu avec des accès Internet Wifi. Il co-fonde également avec Olivier Mével la société Violet qui commercialise une curieuse « lampe Wifi ». L’idée ? Faire communiquer les objets. Il nous explique ici en trois questions/réponses sa vision de la maison connectée.

Atelier – Rafi Haladjian, bonjour. Avec Ozone, vous pariez sur une couverture Wifi à grande échelle. Avec la société Violet, vous misez sur les objets communicants. Selon vous, comment le marché de la maison communicante pourra-t-il se développer ?

Rafi Haladjian (Ozone & Violet) - Bonjour. Je ne crois pas à une spécificité de la maison connectée. Pour une raison très simple : l’utilisateur ne cherche pas à contrôler tout depuis sa maison, il souhaite maîtriser et jouir de son quotidien via un réseau d’objets connectés. C’est très différent. Ce type de communication pourra prendre la forme d’un téléphone qui indique quand la machine à laver a fini de tourner, d’un écran de télévision qui signale que le four a stoppé sa cuisson, d’une voiture qui lit les courriels, etc…

Atelier – Le concept est séduisant, mais comment le transformer en réalité dès aujourd’hui ?

Rafi Haladjian (Ozone & Violet) – Le déploiement massif des accès Internet mobile à haut débit est une condition préalable au développement important d’un tel marché. Mais c’est, je crois, le sens de l’histoire. Les hot spots Wifi, trop locaux et contraignants pour les utilisateurs, ne devraient pas résister à terme aux connexions Wifi à plus grande échelle. C’est la montée en puissance de ce que nous appelons le « pervasive network ».
Côté applications, la société Violet commercialise déjà une lampe Wifi (la lampe Dal) qui délivre des informations à son possesseur, non pas à partir d’un écran – ils sont déjà trop nombreux ! – mais à partir de seize codes couleurs différents, qui indiquent à chaque fois une information à l’utilisateur : météo, état du trafic, de la bourse… Mais on peut parfaitement imaginer des informations personnalisées comme par exemple : l’arrivée du bus 72, trois stations avant celle que l’utilisateur prend pour se rendre à son travail ou aller à la piscine ! Cette même information pourrait par ailleurs lui être communiquée dans la rue, sur son téléphone portable, via une antenne Wifi. D’où l’intérêt du « pervasive network ».

Atelier – Quel acteur est aujourd’hui le mieux placé sur ce marché. Intel ?

Rafi Haladjian (Ozone & Violet) – Pas nécessairement. Malgré sa place de leader dans les microprocesseurs et les 200 millions de dollars qu’il a investi dans le « Home Media Networking Les gagnants devraient d’abord être les fabricants de loisirs et média électroniques, tels Sony, Philips, Apple, et d’autres. Pour peu qu’ils comprennent que l’avenir de la maison connectée ne se jouera pas uniquement entre les murs d’un appartement ou d’une maison !

Propos recueillis par Anaïs Grassat et Jean de Chambure