Les solutions de réalité augmentée et de réalité virtuelle sont perçues comme des investissements conséquents. Elles sont toutefois de plus en plus abordables pour les PME. Notamment pour leur marketing.

"La simulation n'est pas uniquement destinée aux grands comptes"

Entretien avec Mathieu Lépine, Directeur général de Laval Virtual, les Rencontres internationales de la réalité virtuelle et des technologies convergentes.

L’Atelier : Les solutions de simulation sont investies par les grandes entreprises industrielles. Qu’en est-il des PME ?

Mathieu Lépine : Il est vrai que les grands comptes ont les moyens de financer des systèmes complexes et d’investir dans la recherche, puisqu’ils en sont d’ailleurs à la pointe. Mais il faut noter qu’une réelle rupture est en train de se produire, à savoir une popularisation de services plus abordables. Les usages qui en sont fait sont d’ailleurs de plus en plus concrets et de plus en plus identifiés, mais ce n’est pas pour autant que la qualité est médiocre. Prenez l’exemple de la Kinect, c’est un produit abordable mais suffisant pour faire du tracking en réalité virtuelle. La rupture, c’est aussi l’arrivée du sur-mesure, avec des solutions adaptées à des problématiques spécifiques. De plus, le fait que les grandes entreprises investissent ce domaine ouvre le chemin aux PME.

Les usages de ces technologies sont donc industriels…

Pas uniquement : les grands industriels en ont eu l’utilité en premier, notamment dans les secteurs de l’automobile et l’aéronautique, mais l’utilité de la virtualisation en marketing, design, publicité et même dans les arts numériques est de plus en plus probante. Il n’y a qu’à regarder la croissance de l’utilisation des QR codes qui suivent à l’évidence la croissance du parc de smartphones. Cependant, il est vrai qu’en France, ces pratiques sont arrivées plus tard mais le secteur marketing est désormais prêt. Cela d’autant plus que les contenus sont plus facilement manipulables en temps réel et donnent donc la possibilité des les intégrer en point de vente ou sur les packagings, par exemple.

Comment voyez-vous les petites structures utiliser la réalité augmentée ?

Prenons l’exemple d’un magasin ou d’un salon. Les codes matricielles placés sur des desks permettront aux visiteurs et consommateurs de visualiser sur leur smartphone des objets jusque là invisible, grâce à une application. On peut donc imaginer de "cacher" des réductions de manière temporaire, ce qui donnera un aspect ludique à la stratégie marketing et fera indéniablement augmenter le trafic en point de vente. Il est donc possible d’imaginer de tels jeux, et de recueillir des informations comme le parcours d’un individu en magasin ou salon, afin de l’améliorer ensuite. C’est un outil ludique qui peut s’avérer stratégique…

Rédigé par Hugo Sedouramane