Pour Dolist.net, les coupons envoyés via SMS, les réseaux sociaux ou les applications laissent un espace aux e-mails, pour fournir de l’information complète aux mobinautes, et faire le lien entre ces canaux.

"Le courrier électronique a sa place dans le marketing mobile"

Jean-Paul Lieux est directeur associé chez Dolist.net, une plate-forme en SaaS spécialisée dans l’e-mailing mobile. L’Atelier l’a rencontré lors du salon Buzzness Mobile, qui s’est tenu à Paris du 17 au 18 novembre.

L’Atelier : Qu’apporte aujourd’hui l’e-mail dans le domaine du marketing mobile, vis-à-vis du SMS ou des applications mobiles ?

Jean-Paul Lieux : Le SMS a un côté très informatif, qui correspond tout à fait aux alertes marketing par exemple. Mais il est également lié à une intrusivité très forte, avec des messages push envoyés lorsque l’utilisateur est géolocalisé devant le magasin. Quant aux applications mobiles, il s’agit surtout de widgets. L’information en tant que telle, qui concerne la marque, ou les produits qui intéressent les consommateurs, doit être accessible simplement. Le tuyau “mail” est encore le plus pertinent.  Le courrier électronique a donc aujourd’hui toute sa place dans le marketing mobile : pour des confirmations de commande, des précisions sur un produit, mais aussi pour des offres promotionnelles via le m-couponing.

Le troisième usage des mobinautes aujourd’hui, c’est la consultation d’e-mail. Mais il y a des spécificités à prendre en compte. Lorsqu’un utilisateur consulte ses mails depuis son téléphone portable. Il parcourt l’ensemble des messages reçus rapidement, fait le tri, les filtre, en supprime certains, mais n’interagit pas directement. C’est une caractéristique que les annonceurs doivent prendre en compte. Envoyer des questionnaires de satisfaction sur mobile n’a pas de sens, par exemple.

Comment engager le mobinaute, dans ces conditions ?

Ce que l’on constate, c’est que les internautes qui se connectent régulièrement à la Toile depuis leur téléphone sont aussi ceux qui possèdent majoritairement un compte sur les plates-formes sociales. L’un des rebonds à considérer, par conséquent, est la possibilité de mettre en relation le mobinaute avec la marque. Soit en introduisant dans le court e-mail qui lui est envoyé un numéro de téléphone, soit en jouant sur cette synergie avec les réseaux sociaux. En permettant à l’utilisateur de cliquer sur le compte Twitter de la société, ou de rejoindre sa page Facebook, par exemple.

N’y a-t-il pas des problèmes d’interopérabilité, compte tenu du nombre important d’appareils qui existent aujourd’hui, avec des tailles d’écran différentes ?

Si, car le marché est encore émergent. Il y a beaucoup de supports, en effet, ce qui rend les opérations parfois très complexes. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de suivre un certain nombre de bonnes pratiques, d’effectuer des tests en amont. Il faut adapter à la taille de l’écran de chaque appareil les messages que l’on envoie, et prendre en compte le fait que si de nombreux utilisateurs ont des mobiles, les possesseurs de smartphone sont encore minoritaires. Cela étant, le taux d’équipement et de renouvellement dans les années à venir devrait homogénéiser le parc. Et changer la donne.

Rédigé par Basile Segalen