Pour mettre en place une politique harmonieuse de collaboration via des outils webs dans une entreprise dont la culture est traditionnelle, il faut avant tout miser sur la pédagogie.

"Le défi est de faire accepter aux salariés l'utilité des outils 2.0 en interne"

Entrevue avec Carole Marti, Conseillère Relève et Développement, à la vice présidence des ressources humaines de Hydro Québec. Elle participait à la 10ème conférence du Webcom qui se tenait le 11 mai à Montréal.

L'Atelier : Pourquoi est-il difficile pour une entreprise comme Hydro-Quebec, qui a une culture d'entreprise traditionnelle, de mettre en place des outils collaboratifs interne ?

Carole Marti : Dans de grandes entreprises comme la nôtre, qui s'appuient sur plusieurs unités implantées un peu partout sur un territoire mais dont, l'utilisation des outils web 2.0 n'est pas spontanée, tout est question de pédagogie : il faut expliquer avant toute chose aux collaborateurs l'efficacité de l'outil collaboratif interne. Nous avons saisi l'opportunité d'une réorganisation pour expérimenter l'utilisation d'un outil collaboratif touchant environ 90 personnes dans la direction développement des compétences. Nous nous sommes rendus compte de l'utilité de mettre en place un système qui facilite la communication interne. Cela se matérialise pour faire accepter le principe par l'utilisation de blogs qui permettent à chacun de s'exprimer sur leurs besoins et attentes. L'objectif est de faire accepter l'idée et à terme de faire évoluer le nombre d'outil disponibles.

Quelles ont été les principales résistances quant à la mise en place de ces outils ?

Nous nous sommes rendu compte que lorsque l'on aborde la question des outils collaboratifs en entreprise, ce sont d'abord les sites communautaires comme Facebook ou Twitter qui viennent à l'esprit de la direction générale et des managers. Nous avons donc dû faire un premier travail d'explication, au sein de la direction, pour les convaincre que l'outil ne nuirait pas à la productivité mais qu'il permettrait plutôt de faciliter l'échange. Pour autant, nous avons décidé d'encadrer l'utilisation de ces outils avec un code de bonne conduite. Après 6 à 8 mois d'utilisation nous n'avons comptabilisé aucun abus. En effet, les collaborateurs savent que leur nom est associé à tout le contenu qu'ils postent et nous comptons sur eux  pour inciter leurs collègues à interagir autour de ce nouveau média interne

La prochaine étape c'est donc l'intégration d'outils communautaires externes...

Les mentalités, notamment chez les managers, doivent encore évoluer. Cela ne fait pas encore parti de la culture traditionnelle d'entreprise et c'est une étape supplémentaire. Par ailleurs, des outils comme Twitter peuvent sans aucun doute faciliter la communication. Nous l'utilisons déjà en partie dans le recrutement pour aller chercher de nouveaux profils, par exemple avec les codes QR. Ces outils ont un gros potentiel afin de donner la possibilité aux équipes d'être plus réactives, et donc plus efficaces.

Rédigé par Maxime Besson Vivenzi