Selon Michel-Edouard Leclerc, le patron du groupe de distribution, "on ne sent pas aujourd'hui de demandes pressantes des consommateurs pour le commerce en ligne" alors qu'aux Etats-Unis, il existe ...

Selon Michel-Edouard Leclerc, le patron du groupe de distribution, "on ne sent pas aujourd'hui de demandes pressantes des consommateurs pour le commerce en ligne" alors qu'aux Etats-Unis, il existe déjà beaucoup de supermarchés virtuels. Le groupe a néanmoins ouvert trois chantiers. Un site web Leclerc sera ouvert pour commercialiser des produits lourds et encombrants. Une première expérience a été réalisée à Noël pour des jouets, des billards, des baby-foot "qui prennent une énorme place dans les magasins ou les entrepôts". En allant prélever directement les produits chez le fournisseur, Leclerc peut assurer la prise de commande et la livraison. Toutefois, la chaîne de logistique, que le groupe ne maîtrise pas totalement, fera la différence de prix entre Leclerc et les sociétés de VPC disposant de tarifs intéressants avec la Poste. Une expérience de vente à domicile, lancée à Bordeaux, s'est soldée par un échec. Cet échec s'explique selon lui par le fait que "l'hypermarché reste un espace de convivialité, de relations sociales. En France, les plus grandes sociétés de vente à distance ne font pas le chiffre d'affaires de notre plus petit supermarché". Plus avancé et mieux maîtrisé, le second chantier concerne l'utilisation de catalogues électroniques disponibles en magasin sur des bornes interactives pour accompagner la vente, la sécuriser ou enrichir une offre. Le troisième chantier a débuté par des bornes électroniques. A l'avenir, le client pourra tout aussi bien consulter l'offre de chez lui, via l'Internet. Cette borne permet d'accéder à un magasin virtuel dans lequel on propose une offre élargie de produits. Ce type de borne sera installé dans de nombreux magasins plus petits afin qu'ils puissent rivaliser avec les hypermarchés "Les petits magasins pourront avoir une offre d'hyper et les hypers celle d'un magasin spécialisé. C'est une révolution. Le généraliste va pouvoir devenir spécialiste". Les consommateurs vont pouvoir, avec Internet, se doter de logiciels sélectionnant pour eux les meilleurs offres dans le monde entier, ce qui remettra en cause le monopole de proximité. (Libération - 30/04 - 1er-2/05/1999)