L'advergaming intéresse parce qu'il facilite la possibilité de véhiculer l'image de la marque sans s'adresser au consommateur par un message direct. Rencontre avec Jean-Philippe Decka, new business manager chez Chugulu Games.

"Les entreprises prennent de moins en moins l'advergame à la légère"

L’Atelier : En quoi l’advergame est utile pour vendre ?

Jean-Philippe Decka : L’advergame aide à vendre pour une raison bien simple : on offre du plaisir au consommateur sans que la notion de vente d'une marque soit au premier plan. L'individu n’est pas directement confronté à une publicité et ne se sent pas agressé. On peut aussi intégrer dans un jeu un système de points permettant de bénéficier de réductions en magasin ou en ligne, ou encore calculer le taux de transformation des joueurs en actes d’achat. Nous ne sommes cependant pas toujours dans la volonté d’achat direct car on souhaite souvent répondre à un objectif de conscience de marque chez les cibles. L’advergame est par ailleurs doté d’un excellent taux de mémorisation.

L’advergame est donc un média en soit qui accompagne l’entreprise…

Oui, les entreprises prennent de moins en moins l’advergame à la légère. Le jeu permet aussi de répondre à des problématiques plus sérieuses, de fédérer l’externe autour de sujets plus délicats et le message passe surtout grâce à l’humour. Par exemple nous avons répondu à Publicis Net pour une campagne pour Orange. Le contexte était celui de la vague de suicide en 2009. Il était important de développer un jeu qui réponde à une problématique sociale. Nous avons donc mis en place un module associant le lien social, développé sur iPhone et intitulé Orange snowballs. Il simule une bataille de boule de neige à New York. Le bilan a été très positif puisque la marque a gagné en crédibilité sur le plan social et le jeu a été téléchargé 300 000 fois. 

Cette tendance est donc déjà bien implantée dans les entreprises ?

Notre métier est en plein essor. Le marché atteignait plus de 300 millions d’euros en 2010 et L’IDATE prévoit que le marché atteigne 10 milliards d’euros en 2015. Cela s’explique notamment par un retour vers des produits de qualité. Ces dernières années, les clients cherchaient du low cost mais ils se sont rendus compte qu’un travail de qualité a un coût. Il y a donc un frein à l’innovation comme dans toute nouvelle tendance. Reste qu'actuellement, c'est souvent les grands groupes qui franchissent le pas de l’advergame. Par ailleurs une forme de mimétisme se met en place : quand un groupe sort un jeu, son concurrent est d’autant plus susceptible d’un sortir un autre. Nous l’interprétons comme une voie dans nos prospections.

Rédigé par Hugo Sedouramane