Alors qu'aux Etats-Unis, le commerce électronique devient une réalité, les paiements en ligne ont bien du mal à démarrer en Europe. La crainte des clients de voir leur numéro de carte bancaire ainsi...

Alors qu'aux Etats-Unis, le commerce électronique devient une réalité, les paiements en ligne ont bien du mal à démarrer en Europe. La crainte des clients de voir leur numéro de carte bancaire ainsi que leur code confidentiel piratés sur Internet est la première cause invoquée. En effet, contrairement aux Américains habitués à communiquer leur numéro de carte bancaire par téléphone, les Européens et les Français, en particulier, sont habitués à disposer d'un mode de paiement hautement sécurisé avec une carte bancaire disposant d'une puce. En France, en décembre dernier, le groupement C-Set réunissant le groupement Carte Bancaire, Europay et les banques à réseau mutualistes et la société e-Comm (BNP, France Télécom, Crédit Lyonnais, Gemplus ...) ont fusionné pour donner naissance à CyberComm afin de travailler dans la même direction. CyberComm réunit aujourd'hui l'essentiel des industriels et des acteurs bancaires concernés par la sécurisation des paiements en ligne. Une solution pourrait être proposée au public dès le mois de septembre prochain. L'équipement des banques doit avoir lieu au cours de l'été, et une première vague de clients pourrait se voir proposer quelque 30 000 lecteurs de carte prochainement commandés à trois industriels différents. Directeur des études bancaires chez CyberComm, Gaëtan Daligault précise "quant au prix, il sera fixé par chaque banque en fonction de sa politique commerciale". Selon un industriel, le prix d'un lecteur de carte répondant au cahier des charges de CyberComm devrait coûter environ 150 F en sortie d'usine, mais "l'objectif est d'atteindre le prix de 10 euros (66 F)" pour que le lecteur soit diffusé largement et que les constructeurs informatiques ou de terminaux multimédias l'installent en standard dans leur machine.

Visant à développer les modes de paiement sécurisé, le projet Isis de Bruxelles doit entrer dans une phase plus concrète avec le programme Finread : finaliser les technologies et encourager l'étape d'industrialisation. Selon un proche du dossier de Bruxelles, l'initiative de CyberComm, la plus aboutie aujourd'hui, devrait bénéficier en priorité du soutien de la Commission. Lundi prochain, cette dernière devrait présenter une enveloppe budgétaire. (La Tribune - 22/01/1999)