Afin que les internautes mobiles et les marques développent leurs propres communautés, Nicholas Haralambous et Vincent Maher ont développé Motribe à Cape Town, qui permet à quiconque de créer un réseau social personnalisé.

Marchés émergents : une plateforme pour créer et gérer ses communautés sur mobile

L’Atelier : En quoi consiste Motribe précisément ?

Nicholas Haralambous : L’idée est venue d’un besoin que Vincent et moi avons eu en voulant construire des communautés très ciblées. Au lieu de développer un nouveau réseau social à chaque demande, nous avons décidé de construire une plateforme qui permet à n’importe qui de construire son propre réseau social mobile. En six semaines, la technologie était opérationnelle. Motribe offre donc une plateforme où les utilisateurs peuvent  créer leurs communautés sociales sur mobile. On fournit cette solution également aux marques – comme Guiness - ou aux agences qui peuvent désormais créer leurs communautés, les personnaliser et les lancer sur le web mobile.

L’Atelier : Qu’est-ce qui vous a incité à développer un tel outil ?

Nicholas Haralambous : Le marchés Sud-africain du mobile est l'un des plus dynamiques actuellement. Des entreprises comme Facebook luttent pour comprendre le marché et a parfois fait de faux mouvements. Notre offre est différente puisqu’elle se base d’abord sur notre expertise et nos années d’expérience dans la gestion de communautés sur mobile. Motribe a d’ores et déjà intégré le marché des réseaux sociaux mobiles dans nos zones d’intervention. Notre autre différence est que nous sommes davantage concentrés sur l’usage du mobile que sur les applications.

L’Atelier : Dans quels pays connaissez-vous du succès ?

Nicholas Haralambous : La promotion de Motribe s’est faite uniquement dans les marchés émergents de l’Internet mobile. Nos plus gros marchés sont aujourd’hui le Nigeria, l’Inde, l’Indonésie, le Kenya, le Bangladesh, l’Afrique du Sud, les Etats-Unis… Au bout de cinq mois, nous avons atteint plus de 700.000 utilisateurs. Les clients souhaitent construire des communautés pour attirer les internautes mobile dans des marchés émergents inexploités. Les utilisateurs privés qui souhaitent construire leur communauté n’ont pas à payer. Seuls les marques ou entreprises paient mais l’utilisateur final ne débourse rien. Plus de 1600 personnes ont créé des communautés : ce qui représente environ 60 000 photos chargées et 8,5 millions de messages privés envoyés dans dix-huit pays.

L’Atelier : Quels sont vos axes de développement ?

Nicholas Haralambous : Motribe est basé sur le glisser-déposer de fonctions additionnelles [plug-ins, Ndlr] choisis par les responsables des communautés. Nous avons lancé un plug-ins par semaine les sept premières semaines. Dans l’avenir, nous souhaitons créer d’autres fonctions communautaires pour attirer plus d’utilisateurs, comme le jeu sur mobile etc. Nous avons également des partenariats internationaux à annoncer dans les mois à venir, et nous nous interrogeons aussi sur le paiement sur mobile.

Rédigé par Hugo Sedouramane