Cette convergence technologique vient du fait que la numérisation standardise l'information et abolit les distinctions traditionnelles entre les supports, les modes de diffusion et les acteurs. ...

Cette convergence technologique vient du fait que la numérisation standardise l'information et abolit les distinctions traditionnelles entre les supports, les modes de diffusion et les acteurs. Convergence ou concurrence ? Lors d'une conférence du Milia consacrée à la télévision interactive, Alain Staron, directeur du bouquet de télévision par satellite TPS n'hésitait pas à déclarer "TPS enregistre 70 millions de pages vues sur sa chaîne météo, soit plus que Yahoo.fr". Philippe Brawerman, président de Reef et fondateur du cyberthéatre de Bruxelles, producteur des premiers programmes de télévision sur Internet déclarait au cours de cette manifestation "les gens de la télé s'imaginent qu'il suffit de tout numériser pour être présent sur Internet. Le Net répond aux besoins de l'individu, pas la télévision qui obéit à la logique de la diffusion de masse". Même au sein d'une chaîne de télévision, c'est tout juste si les équipes du satellite ne boudent pas celles d'Internet. La réglementation présente également ses aberrations territoriales. Ainsi un site Internet français peut diffuser plus de 50 % de son contenu en langue anglaise, mais pas une émission de télévision. Une chaîne francophone ne peut pas être diffusée en Flandre. Les émissions de téléachat sont aussi limitées par la législation européenne. Toutefois, le mur commence à tomber entre ses deux mondes, comme vient de le prouver la fusion entre Lycos et la chaîne de téléachat Home Shopping Network. Avec l'interactivité, le téléspectateur cesserait d'être passif. TPS propose à ses abonnés par exemple de consulter la météo, leur compte en banque, de passer des ordres de Bourse, de faire leurs achats dans une galerie marchande. Des bouquets comme la chaîne publique allemande ARD et la BBC étudient actuellement de nouvelles fonctions, comme la personnalisation des programmes. Bien que limités aux capacités de débits, ces nouveaux services vont s'étendre. Philippe Brawerman explique "le satellite permet une diffusion à haut débit, mais la voie de retour qu'utilise le téléspectateur pour transmettre des données est beaucoup plus faible. Ce qui consacre le côté passif du spectateur à la différence du Net". Plus nuancé, Etienne Grande, PDG de NPTV, une jeune entreprise spécialisée dans la télévision interactive, indique "les internautes sont habitués à être plus actifs. L'interactivité est un plus pour la télé, ce n'est pas la clef de voûte du système. Passer un ordre de Bourse ne nécessite pas beaucoup de bande passante et c'est très interactif". Le débat est loin d'être tranché d'autant que les fameuses set top box permettant de se connecter à Internet depuis un téléviseur et les décodeurs permettant de recevoir des bouquets satellites n'ont pas de passerelle. Président du W3X, Jean-François Abramatic résume "quand on est dans le monde de la télévision, on veut aller dans celui de l'Internet sans se lever pour aller dans la pièce d'à côté. L'utilisateur veut