La multitude des réseaux sociaux utilisés au sein des organismes étatiques empêche une communication cohérente, tant en interne qu'en externe. Une situation qui ne peut se résoudre qu'en accompagnant l'adoption de ces réseaux

La multiplicité des services peut compliquer l'harmonie d'une stratégie sociale

Au sein des organismes gouvernementaux, l'implantation et l'usage des sites collaboratifs posent les mêmes problèmes qu'au sein du privé. Pour arriver à ce constat, John Rooksby et Ian Sommerville, chercheurs à l'école de sciences informatiques de l'université de Saint Andrews, ont mené une étude auprès du ministère de l'intérieur anglais. Il est apparu que si les dirigeants de cette organisation tentaient effectivement de mettre en place une politique sociale qui soit à la fois interne et externe, les résultats qui en découlaient n'étaient pas forcément probants. D'après les chercheurs, la situation découle du nombre important de services différents au sein du ministère.

Un conflit à la fois interne et externe

Ces derniers ne fonctionnant pas forcément en coopération, ils ont tendance à utiliser chacun des réseaux sociaux différents. Ainsi, on retrouve en interne deux réseaux sociaux aux fonctions semblables: l'un est basé sur une technologie SharePoint et est à usage exclusif du ministère de l'intérieur tandis que l'autre couvre l'ensemble des services gouvernementaux. En résulte un conflit de fonctions entre ces réseaux sociaux, souvent  utilisés pour effectuer les mêmes tâches, et qui se font donc en quelque sorte concurrence. Le problème se pose de façon accrue en communication externe, où chacun des services tend à s'appuyer sur un réseau social spécifique, d'où une difficulté du ministère à fournir une communication unifiée et cohérente

L'outil s'efface devant les usages

Toutefois, il est important de préciser que les chercheurs ne considèrent pas comme impossible la mise en place de différents réseaux sociaux en fonction des services au sein d'une même entreprise. Mais à leur sens, plus la taille cette dernière est importante, plus cette gestion segmentée peut se révéler difficile, et moins elle est pertinente (comme dans le cas présent). Les auteurs concluent finalement en affirmant qu'"au sein d'organisations plus ou moins similaires à celle étudiée, l'important n'est pas de fournir la bonne technologie, mais bien de supporter les utilisateurs dans le choix et l'usage de la technologie en question, afin qu'elle soit employée à bon escient"