Digicash, l’un des pionniers de la sécurisation des transactions électroniques sur Internet vient de se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites et cherche de nouveaux action...

Digicash, l’un des pionniers de la sécurisation des transactions électroniques sur Internet vient de se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites et cherche de nouveaux actionnaires susceptibles de le renflouer. Toutefois, le bilan de la société laissant apparaître un passif important avec des actifs réduits à “un portefeuille de propriété intellectuelle” difficilement brevetable, l’espoir est bien mince.

Cette fin de parcours traduit bien les difficultés rencontrées par les précurseurs de la sécurisation du commerce électronique sur réseaux. Ainsi, First Virtual Holdings, à la recherche actuellement de nouveaux partenaires financiers, a perdu l’an dernier près de 16 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 1,5 million de dollars. CyberCash, pour sa part, a bien du mal à imposer sa solution de “portefeuille électronique”. Ayant adopté depuis un an le statut de société financière, Kleline (filiale de Paribas) en France a renoncé à promouvoir Globe ID, sa solution de sécurisation. Récemment, ce système “propriétaire” s’est ouvert à d’autres standards de la concurrence, Kleline ne devenant ainsi qu’un intégrateur de services et d’offres de paiement sécurisés.

Victime de la contre-attaque des banques dans le domaine du commerce électronique, Digicash n’a pas su négocier ce virage. En 1994, Digicasch promeut une solution logicielle iconoclaste baptisée eCash. La cybermonnaie est stockée sur l’ordinateur du client. Le commerçant qui l’accepte ne peut connaître l’identité de l’acheteur. Les banques ayant rapidement vu le risque de désintermédiation que cette démarche leur faisait courir, n’ont eu de cesse de combler leur retard. La situation de Digicash a alors en quelques mois basculée. Ses accords avec des banques européennes ne se sont pas concrétisés. Ainsi, 5 000 clients on line de la Mark Twain Bank ne détenaient que 100 000 dollars d’eCash, un véritable échec. (L’Agefi 18/11/1998)