Le "dézonage" sauvage, formule obscure pour la plupart des consommateurs, réalisé dans les arrière-boutiques bafoue les règles laborieusement établies entre fabricants de lecteurs de DVD et producte...

Le "dézonage" sauvage, formule obscure pour la plupart des consommateurs, réalisé dans les arrière-boutiques bafoue les règles laborieusement établies entre fabricants de lecteurs de DVD et producteurs de vidéos. En effet, le lancement du DVD a été retardé par d'innombrables négociations. Finalement, une partition du monde en six zones a été instituée, dont deux jouent un rôle prépondérant : la zone 1 couvre l'Amérique du Nord, la zone 2 rassemble l'Europe, le Moyen-Orient et le Japon. Les éditeurs peuvent ainsi moduler à loisir la sortie sur DVD de leurs films, d'autant que toutes les combinaisons sont possibles entre les six zones. Il s'agit en pratique, d'éviter que les vidéos américaines estampillées "zone 1" ne soient lisibles en Europe et au Japon. Le système impose concrètement aux constructeurs de vendre des lecteurs contenant un système de verrouillage dans chaque région du monde. Ainsi, un appareil acheté en France ne peut lire un DVD acquis aux Etats-Unis. Les premiers lecteurs de DVD arrivent au printemps 1998 dans les magasins français, coûtant environ 6 000 F, sans pratiquement aucun titre disponible sur le marché. Pour pallier cet handicap, des distributeurs comme la Fnac ou Virgin vendent environ 300 F des DVD nippons sans la moindre indication en français, souvent avec une bande-son anglaise sous-titrée en ... japonais. Les enseignes spécialisées en électronique, plus futées, moyennant une petite "intervention" à l'intérieur de la machine, font sauter le verrou et vendent fièrement des lecteurs "toutes zones". Aussitôt, les distributeurs de films importent des DVD des Etats-Unis. On voit ainsi fleurir des rayons entiers discrètement étiquetés "zone 1". L'opération de dézonage ne présente pas de difficulté techniquement. Facturée à l'origine 1 000 F, l'intervention est quasiment gratuite aujourd'hui. Certaines enseignes communiquent gracieusement l'adresse électronique d'un site Internet australien où l'on peut y télécharger un minuscule programme capable de déverrouiller le lecteur. Les fabricants n'ont guère de recours légal contre les distributeurs de matériel. Conclu dans le cadre de l'organisme DVD-Forum, l'accord avec les éditeurs n'a qu'une valeur commerciale. Du fait de la croissance rapide du nombre de titres disponibles en zone 2, tous les fabricants font valoir que le besoin d'appareils dézonés diminue. Pour autant, ils sont nombreux à continuer à prendre le phénomène au sérieux. Chef de produit vidéo chez Toshiba France, Grégory Levacher reconnaît "les premières générations de lecteurs ne présentaient pas de protection suffisante". Le DVD Forum a demandé aux constructeurs adhérents d'améliorer l'efficacité de leurs verrous, sous peine d'exclusion du Forum, c'est-à-dire de perte du droit d'utiliser le logo DVD vidéo.

Selon l'Institut InfoTech, il s'est vendu en 1998 dans le monde 1,2 million de lecteurs de DVD et 6,5 millions de disques DVD. D'après une étude GFK, la France rassemble environ le tiers du marché européen. L'an dernier, il s'est vendu en France entre 40 000 et 50 000 lecteurs de DVD. Avec 25 % du marché, l'Allemagne arrive en seconde place suivie par la Grande-Bretagne (20 %). L'Italie et l'Espagne arrivent en queue de peloton. (Le Monde - 26/02/1999)

_____________________________________________________________________________________

Christine Weissrock GIE Atelier de veille technologique e-mail: cweissrock@atelier.fr 00 01 30 07 50 38 Fax. 00 01 30 07 50 39 Dirigé par Jean-Michel Billaut, l’Atelier, cellule de veille technologique de Paribas, dispose d’un BBS (le Babillard de l’Atelier) ouvert gratuitement à ses abonnés, d’un Web (http://www.atelier.fr) et organise des ateliers pour ses abonnés. Jean-Michel Billaut dirige également la publication du “Journal de l’Atelier” vendu par abonnement, diffusé par les Editions La Pérouse. L’abonnement à ce journal donne accès aux ateliers. (Pour obtenir un spécimen, merci d’en faire la demande à Danièle Pellemeule ( 00 01 45 01 72 96 e-mail dpellemeule@atelier.fr).

La revue de presse française que nous éditons sur le Babillard de l’Atelier est pour