Conscients de leur retard (en 1998, le volume des transactions sur le Web a représenté 0,02 % de la consommation totale des ménages), les distributeurs français veulent devenir partie prenante aux t...

Conscients de leur retard (en 1998, le volume des transactions sur le Web a représenté 0,02 % de la consommation totale des ménages), les distributeurs français veulent devenir partie prenante aux transactions sur Internet. Le commerce a donc choisi de se rapprocher des professionnels de l'Internet et de solliciter l'appui des pouvoirs publics pour accroître ses investissements.

Regroupant la totalité des fédérations professionnelles de la distribution et plusieurs associations spécialisées, le CNC a ainsi annoncé hier, au cours d'assises centrées sur le commerce, la création de l'Institut international du commerce électronique (IICE). Jean-Pierre Charpentier son président a souligné l'innovation de cette démarche "c'est la première fois que l'on va faire travailler ensemble les grands de la technologie et les commerçants". Cet institut sera formé de plusieurs collèges qui aborderont tous les grands débats : législation, droits douaniers, marketing, moyens de paiements ... Coprésident du Groupe Galeries Lafayette, Philippe Lemoine a insisté "il faut poser les conditions qui feront qu'en 2002 nous aurons des sociétés européennes réalisant plus de 100 millions d'euros dans le commerce électronique". L'institut devra, selon lui, participer à l'élaboration d'un cadre réglementaire européen facilitant l'essor du commerce électronique. Il faudra aussi que l'institut réfléchisse aux conditions de rentabilité du commerce en ligne ainsi qu'au respect des données privées. Henri de Maublanc, le président de l'Aftel a pour sa part, formulé devant Dominique Strauss-Kahn, le ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie la grande revendication des professionnels "se lancer dans le commerce sur Internet réclame des investissements trop élevés, relevant de la recherche et du développement. Je vous demande de faire accepter l'idée que dans le commerce, il y a aussi de la R&D à faire. Et de créer un crédit d'impôt-recherche". Tout en rappelant ce qui a déjà été fait (50 millions de F pour l'aide aux PMI, 20 millions pour le programme Exportateurs sur toile, développement du capital risque ...), Dominique Strauss-Kahn a reconnu que "l'Etat devait stimuler. Le crédit d'impôt-recherche est une mesure coûteuse. Je ne fais aucune promesse, sauf celle d'examiner ce que nous pourrons engager". (Les Echos - 12/01/1999)