L'UMP avait lancé une campagne de recrutement première en son genre : l'e-mailing politique. Certains internautes estiment ces envois en masse illégaux puisqu'ils n'ont jamais donné leur accord...

L'UMP avait lancé une campagne de recrutement première en son genre : l'e-mailing politique. Certains internautes estiment ces envois en masse illégaux puisqu'ils n'ont jamais donné leur accord pour recevoir des mails politiques.

La loi fait une différence entre les spams politiques et les spams commerciaux. Elle impose l'autorisation de l'internaute pour la revente de son adresse à une société commerciale. Pour ce qui est du spam politique, la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) avait publié une recommandation à ce sujet en 1996. Si l'adresse e-mail est utilisée dans un but politique, la société doit le préciser à l'internaute.

"J'ai reçu le mail de l'UMP à quatre adresses différentes, dont celle d'une liste de diffusion", indique Frédéric Couchet, délégué général de l'April (Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre). "Ces adresses ont clairement été collectées de façon illégale, probablement sur des forums à l'aide de robots, car je ne les ai jamais communiqué à aucun éditeur de sites."

Il saisit donc le tribunal de grande instance de Bobigny, et non la Cnil. "Une plainte auprès de la Commission a peu de chances d'aboutir dans des délais convenables, dans la mesure où celle-ci n'a jamais obtenu les moyens supplémentaires qu'elle réclamait",déclare-t-il.

L'UMP a décidé de suspendre sa campagne d'e-mailing, qui a déjà été diffusée à deux millions d'adresses. Le parti comptait coopter 10 000 nouveaux adhérents grâce à cette campagne politique - la plus grosse jamais lancée.

Les quatre sociétés prestataires, I-Media, Lotree, ImpactNet et Maximiles sont susceptibles d'une condamnation au même titre que le parti de Nicolas Sarkozy.

(Atelier groupe BNP Paribas- 05/10/2005)