Le débat sur la taxe sur les ordinateurs s'enfle et, outre-Rhin, devient réalité. A partir du 1er janvier 2007, les détenteurs d'un ordinateur ou d'un téléphone portable pouvant recevoir la...

Le débat sur la taxe sur les ordinateurs s'enfle et, outre-Rhin, devient réalité. A partir du 1er janvier 2007, les détenteurs d'un ordinateur ou d'un téléphone portable pouvant recevoir la télévision ou la radio via Internet devront s'acquitter d'une taxe mensuelle de 5,52 euros s'ils ne payent pas déjà celle sur la télévision.
 
La décision, déjà évoquée en 2004, a été prise par les présidents des 16 Länder allemands. Le montant, fixé au départ à 17,03 euros, soit le même prix que la redevance sur la télévision, a été aligné finalement sur celui de la radio.
 
Pourquoi une telle taxe ? Celle-ci devrait permettre de générer des revenus qui tiennent compte des nouveaux moyens d'accès à la télévision. Selon le ministre-président de Saxe-Anhalt, "les Länder doivent s'assurer du financement des médias publics dans le domaine du numérique".
 
Pour Katrin Sobania, experte en communication à la Chambre de commerce et d'industrie allemande, la DIHK, la raison est autre : "97 % des taxes audiovisuelles sont payées par des particuliers, 3 % par des entreprises. Il fallait trouver un moyen d'élargir la base de la taxe sans augmenter la pression sur les principaux contribuables".
 
Car cette nouvelle taxe concerne aussi bien les particuliers que les entreprises. Or la majorité des particuliers qui profitent de la télévision grâce à leur PC disposent généralement déjà d'un poste de télévision et s'acquittent de la redevance. Par conséquent, ils ne seront pas concernés par cette taxe supplémentaire. Les petites entreprises, si.
 
Selon la DIHK, les 2,5 millions de petites entreprises qui ne payent pas de redevance audiovisuelle devraient débourser 150 millions d'euros pour s'acquitter de cette nouvelle taxe.
 
En France, une telle redevance a également été abordée par le gouvernement. Renaud Donnedieu de Vabres, en effet, a récemment déclaré qu'il "faudra prendre en compte l'évolution des modes de réception de la télévision, car il n'est pas envisageable d'assister sans rien faire à une baisse progressive et régulière de la redevance, consécutive aux évolutions technologiques". Encore faut-il ne pas se tromper de cheval de bataille...
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 24/10/2006)