Il est maintenant possible de reconnaître les différents groupes d'appartenance d'un individu sur Facebook. Ce système développé en France est susceptible d'améliorer confidentialité et recommandations online.

Sur les réseaux en ligne, les communautés s'identifient automatiquement

« Dans la vie nous avons beaucoup de connaissances, mais toutes ne sont pas sur le même plan : il y a les amis, la famille, les collègues, etc.», explique à L’Atelier Adrien Friggeri, chercheur à l’INRIA. « Sur Facebook il n’y a que des ‘amis’, il n’y a pas de distinction.» C’est pour combler ce manque que trois chercheurs de l’INRIA et de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon ont développé un algorithme permettant d’identifier automatiquement les différents groupes d’appartenance d’un individu sur les réseaux sociaux. Leur approche repose non pas sur l’étude du réseau dans sa globalité mais sur les réseaux propres à chaque individu. « C’est une méthode plus simple à mettre en place que s’il fallait s’intéresser aux 600 millions de membres de Facebook», note le chercheur grenoblois.

Introduire le concept « d’egomunautés »

Pour identifier les communautés, l’algorithme attribue à chaque groupe qu’il étudie une valeur de « cohésion » tenant compte de deux critères. D’un côté de la présence d’un ensemble de gens qui seraient connectés en triangle, c'est-à-dire 3 par 3. Mais aussi de la présence de « liens faibles », tels que définis par les travaux du sociologue Mark Granovetter. « Mais le principe reste de traiter les communautés voisines d’un individu unique», explique Adrien Friggeri. Un concept que les chercheurs ont baptisé egomunautés.Les applications possibles sont multiples. Première possibilité, établir automatiquement des listes de diffusion pour mettre fin aux problèmes de confidentialité sur les réseaux en ligne.

Affiner les systèmes de recommandations

« On a beaucoup entendu parler de ces employés qui se sont fait renvoyer après avoir laissé un commentaire désagréable sur leur patron sur Facebook ou Twitter», remarque le jeune chercheur. « Pourtant, à peine 5% des utilisateurs ont déjà créé une liste». Un tel système permettrait de laisser les listes se créer automatiquement. Les chercheurs n’en sont d’ailleurs pas restés au stade de la théorie et ils ont d’ores et déjà lancé une application test disponible sur le Web. « L’application se connecte au profil Facebook des internautes volontaires et fournit différentes listes», explique Adrien Friggeri. Ne reste plus alors à l’internaute à noter le résultat, et éventuellement à intégrer la liste à son profil. Un système qui permettrait également d’affiner les systèmes de recommandations sur les réseaux sociaux.