Pour détecter les tendances consommateurs vis-à-vis des entreprises, se servir des réseaux sociaux se révèle efficace. Toutefois, les mesures peuvent être faussées en cas de publications massives de la part d'un petit nombre d'utilisateurs.

Les réseaux sociaux prédisent certaines menaces de réputation

Analyser les tendances naissantes sur les réseaux sociaux permet d'identifier certaines des menaces pouvant viser les entreprises. Partant de ce principe, ListenLogic propose un service de veille et de management du risque, en se basant de ces mêmes réseaux. Il fournit ainsi aux entreprises clientes des études précises concernant un domaine particulier (risque de voir apparaître une vague de commentaires négatifs sur la page Facebook de la compagnie par exemple). Le système fonctionne comme suit : en analysant le nombre de publications contenant certains mots clés, et les corrélations entre ces derniers ("cyber attaque" et le nom d’une grande marque par exemple), il devient possible déceler si oui ou non une tendance est en vogue sur le Net, et si elle risque de se produire. Toutefois, pour Guilhem Fouetillou, directeur de la publication de LinkFluence, et interrogé par L'Atelier "on ne peut pas prendre ce genre de prédictions au mot. Ces dernières peuvent se réaliser ou non".

Une incitation plus qu'une prédiction

Il reconnaît toutefois que "les réseaux sociaux présentent un fort lien avec la réalité. Leur étude est effectivement un bon moyen d'identifier des tendances ou des risques". Plus que de constituer une véritable prédiction, ce genre d'analyses doit donc avant tout servir aux entreprises à prendre en compte des menaces potentielles, et en ce sens à adapter leurs stratégies vis-à-vis de ces menaces. Elles peuvent ainsi être amenées à modifier leur communication via ces mêmes réseaux sociaux. Par exemple, selon ListenLogic, le phénomène actuel des "Occupy Wall Street", et les répercussions que l'on peut mesurer sur le net seraient les précurseurs d'une possible série d'attaques de hackeurs sur les grandes entreprises du CAC 40. Et doit donc pousser ces dernières à améliorer  leurs stratégies de défense.

Des analyses parfois en décalage par rapport aux faits

Pour Vincent Schiavone, co-fondateur de ListenLogic, "dans le cas du phénomène Occupy, une véritable viralisation des réseaux sociaux peut être observée. C'est à dire que le phénomène prend de l'ampleur, n'est plus contrôlable par ses initiateurs. En ce sens, des actions hostiles de la part d'individus isolés constituent la menace numéro 1". Et Guilhem Fouetillou de confirmer "le phénomène Occupy peut effectivement être prise au sérieux de par son ampleur et sa nature".  Il conclue toutefois en précisant qu'il arrive que ces études soient faussées. Et ce notamment lorsque les initiateurs d'un phénomène  sont des habitués des réseaux sociaux, enclins à publier massivement sur ces derniers afin de surreprésenter le phénomène.