Sélectionner automatiquement des groupes de travail à la fois cohérents et compétents pourrait découler de l'étude de la représentation graphique d'un réseau de professionnels.

Quand les réseaux sociaux servent à former des équipes de travail

« Alors que de plus en plus d’entreprises incitent leurs employés à recommander des candidats dans leur programme de recrutement, l’intérêt de former des équipes en utilisant les réseaux sociaux est devenu évident», expliquent une équipe de chercheurs de Yahoo! et Google. Dans une étude, ils proposent donc une méthode pour identifier au sein d’un réseau les meilleurs éléments pouvant former une équipe regroupant les compétences nécessaires à la réalisation d’un projet donné. « Intuitivement, une telle équipe est susceptible de faire preuve de meilleures capacités de collaboration», affirment les chercheurs. Pour cela, ils se sont intéressés au graphique représentant un réseau social de professionnels.  Dans celui-ci, chaque individu est un nœud du réseau et les connexions entre les nœuds du réseau représentent les liens entre les différents individus.

Chaque individu est défini par ses compétences

Chaque nœud du graphique se voit confié une série d’attributs (ses compétences) et chaque liaison est quantifiée en fonction de la proximité qui lie l’individu aux autres membres du réseau. Les chercheurs ont ensuite développé un algorithme permettant de calculer la meilleure combinaison d’individus en fonction de critères prédéfinis (nombre de personne constituant l’équipe et compétences à réunir), le tout en assurant un maximum de cohésion dans l’équipe. Les chercheurs imaginent par exemple un réseau social réservé à des informaticiens. Chaque membre du réseau possède un ou plusieurs domaines de compétences (théorie, base de données, exploration des données…). Il est également indiqué avec quel(s) individu(s) il a déjà travaillé dans le passé.

La valeur d’une équipe dépend aussi d’éléments plus complexes

Le système qu’ils proposent est capable d’utiliser ces informations pour élaborer une équipe répondant à des critères précis (par exemple au moins trois spécialistes des bases de données, au moins deux théoriciens et au moins un expert de l’extraction de données). Les chercheurs reconnaissent cependant que leur solution est encore imparfaite pour deux raisons. La première, c’est qu’elle part du principe qu’un individu est soit compétent dans un domaine, soit incompétent, sans parvenir à prendre en compte un degré de connaissance plus subtil. Par ailleurs, la valeur d’une équipe dépend aussi d’éléments plus complexes comme le contexte culturel, la personnalité ou tout simplement la capacité de chacun à s’intégrer au sein d’une équipe. Les chercheurs envisagent donc d’intégrer l’étude de ces paramètres, dans la mesure où ceux-ci seront mesurables.