Dans son étude, Benchmark Group constate que le décollage du commerce électronique en France aura été plus rapide que prévu. Directrice générale de Benchmark Group, Corinne Delaporte explique "bea...

Dans son étude, Benchmark Group constate que le décollage du commerce électronique en France aura été plus rapide que prévu. Directrice générale de Benchmark Group, Corinne Delaporte explique "beaucoup d'entreprises ont franchi le pas consistant à ouvrir des sites marchands. Le commerce électronique français a été tiré par des sites comme Dégriftour et Nouvelles Frontières qui ont réussi à passer du Minitel au Web. Enfin, il ne faut pas négliger les "success stories" de sites importés comme Dell.fr et Gateway.fr". Selon Pierre Reboul, le président de l'Electronic Business Group, la tendance devrait s'amplifier en 1999 "des secteurs entiers, comme l'assurance, s'installent sur le Web". Parallèlement, de nombreux acteurs étrangers arrivent en France depuis quelques semaines, comme le cyberdisquaire suédois Boxman, la librairie en ligne BOL, le site de ventes aux enchères britannique QXL, sans oublier l'arrivée programmée d'Amazon.com. Désormais, la création d'un site commercial devient une priorité pour les entreprises. Toutefois pour attirer les visiteurs, il faut, comme dans le commerce traditionnel, des opérations spéciales, des promotions. Paul-Emile Cadilhac, directeur Internet du Printemps explique "nous avons environ 1 200 visiteurs quotidiens. Mais nous observons des pics de fréquentation lors d'évènements spéciaux". Corinne Delaporte confirme "les sites qui réussissent sont ceux qui communiquent : ce n'est plus la technique, mais le marketing qui fait la différence". Les ventes des sites français décollent. Le chiffre d'affaires des sites a progressé en moyenne de 149 % entre 1997 et 1998. Avec l'augmentation de la valeur moyenne du cybercaddie de 400 F, le poids des petits vendeurs diminue. Avec 141,4 millions de F de chiffre d'affaires pour la micro et 141 millions de F pour les voyages, ces secteurs représentent à eux deux 70 % du marché. La VPC (10 %), les produits culturels (9 %) et l'hôtellerie (5,3 %) arrivent ensuite. Mais peu de sites sont encore rentables. Il faut donc inciter les visiteurs à consommer, comme l'explique Corinne Delaporte "le principal frein au commerce électronique n'est pas la sécurisation des transactions, c'est de convaincre les nouveaux internautes à acheter ; il y a 5 000 nouveaux venus par jour". Mais un grand nombre d'entre eux se connectent au bureau, lieu guère idéal pour passer commande. Paul-Emile Cadilhac confirme "tant que les consommateurs ne seront pas reliés à domicile, les freins au commerce électronique ne seront pas levés". Autre problème, la logistique, comme le précise Pierre Reboul "quand on commande vite, on s'attend à être livré en conséquence".

Olivier Beauvillain de Jupiter Communications confirme "le commerce électronique français à décollé". Toutefois, comparé à ses voisins européens, l'Allemagne et le Royaume-Uni, la France conserve son retard dû principalement au nombre de foyers connectés. "Ils sont un peu plus de 6 % en France, contre 10 à 15 % au Royaume-Uni et en Allemagne. Cela tient au développement d'accès Internet gratuits, au Royaume-Uni notamment". Par ailleurs, le retard français dépend de la nature des acteurs. Hormis Marcopoly ou Alibabook, peu d'acteurs nouveaux viennent d'Internet. La plupart vendent via le Minitel, constituant une source de revenus dont ils devront apprendre à se passer "mais la conversion des sites français au commerce électronique n'est pas plus difficile que celle d'un Barnes & Nobles à la traîne d'Amazon". (Deux pages - Informatiques Magazine - 19/03/1999)