Alors que la tendance du déclin des magasins physiques peine à s’inverser, la start-up Wheelys s’aventure à créer une boutique sans employés.

Retail : vers des boutiques sans employés ?

En France et outre – Atlantique, les problématiques se ressemblent : comment ramener les clients de l’écran au magasin et résister à la concurrence des mastodontes du e-commerce ? Et pour les paris qui n’ont pas été tenus, la sanction est lourde : fermetures des boutiques, liquidations judiciaires, dépôts de bilan, mises en vente des espaces commerciaux. C’est à ce titre, par exemple, que Tati a mis en vente après une présence de 70 ans boulevard Barbès, ses 140 enseignes. Même symptômes aux Etats-Unis puisque 3500 fermetures de magasins sont estimées dans les prochains mois.

La start-up suédoise Wheelys, déjà connue pour ses ventes mobiles de café à vélo, a récemment ouvert sa boutique Wheelys 247, ouverte 7 jours sur 7 et 365 jours par an. A l’intérieur aucun employé ne la tient ou n’appâte le chaland. Ce rôle est endossé par l’intelligence artificielle. La caisse est à son tour supprimée. Pour y pénétrer, le téléchargement d’une application et le renseignement d’une carte de crédit sont les prérequis. L’achat se déclenche par le scan de l’objet désiré et le débit automatique du compte bancaire, avec à la clé, un reçu digital. Ne reste à savoir si ces boutiques fantômes agiront sur le client, davantage comme une invitation qu’un repoussoir. Une initiative qui n’est pas sans rappeler celle d'Amazon Go à Seattle et qui n'est pas prête de faire taire la polémique épineuse sur la suppression d’emplois induite par la technologie, et celle plus éthique mais néanmoins profonde d’une deshumanisation progressive du service client.

 

Rédigé par Laura Frémy
Journaliste