Selon une étude menée par le Boston Consulting Group (BCG) pour le compte de l'organisation Shop.org qui rassemble la grande majorité des commerçants américains sur le Web, les consommateurs améri...

Selon une étude menée par le Boston Consulting Group (BCG) pour le compte de l'organisation Shop.org qui rassemble la grande majorité des commerçants américains sur le Web, les consommateurs américains ont acheté sur Internet en 1998 pour près de 13 milliards de dollars (11,5 milliards d'euros). Les ordinateurs, les services financiers, les loisirs et les voyages ont représenté à eux seuls près de 80 % du total des achats. Toutefois, représentant moins de 1 % du commerce de détail en Amérique du Nord (et le tiers du commerce électronique entre entreprises), cette somme reste modeste, mais devient significative d'autant que ce nouveau canal de distribution affiche une croissance annuelle de 200 %. L'étude a porté sur les 127 plus importantes entreprises du secteur, réalisant chacune plus de 100 000 dollars de revenus sur Internet. Vice-président du BCG et auteur de l'étude, David Pecaut assure "le commerce électronique est bien plus que la simple transposition de la vente sur catalogue sur Internet. Car le Web permet un choix immense, une sélection plus fine et plus d'interactivité avec le client. Ainsi, sur le site de la librairie Amazon.com, on peut recevoir sur son e-mail toutes les informations sur les nouveautés qui vous intéressent, on peut avoir une relation beaucoup plus personnalisée avec le client". Selon lui, le commerce électronique pourrait représenter à terme jusqu'à 20 % du commerce détail, contre 5 % pour la VPC. "Les anciens canaux de vente ne disparaîtront pas, mais ils ne vendront pas forcément la même chose. Les magasins généralistes et les épiceries ont disparu des rues commerçantes. Il y a dix ans, ces dernières représentaient 40 % des achats, contre 15 % seulement aujourd'hui. Le magasin physique restera toujours indispensable quand on veut un produit immédiatement, pour le plaisir que peut procurer le shopping et aussi parce que certains produits seront toujours plus chers sur Internet qu'en magasin". Paradoxalement, les analystes de BCG estiment que les acteurs traditionnels seront les bénéficiaires de cette nouvelle révolution du commerce "plus de 59 % du chiffre d'affaires sur Internet est réalisé par les commerçants traditionnels et cette proportion va encore augmenter". Deux raisons pour cela : l'importance de la marque et le coût du marketing sur Internet. Le coût moyen d'une commande sur Internet s'élève à 26 dollars, contre 2 dollars dans le commerce traditionnel et 3 dollars dans la vente par correspondance. (Les Echos - 16/02/1999)