L’Idate vient de publier une étude sur « le satellite face aux évolutions des marchés de la télévision ». Les opérateurs satellite enregistrent aujourd’hui des EBITDA ...

L’Idate vient de publier une étude sur « le satellite face aux évolutions des marchés de la télévision ». Les opérateurs satellite enregistrent aujourd’hui des EBITDA et des résultats largement positifs. Pour un grand nombre d’entre eux, la part du chiffre d’affaires générée par l’activité de fourniture de capacité pour la diffusion de chaînes télévisées et de services associés est prépondérante : 56 % du chiffre d’affaires 2000 pour Eutelsat, 68 % en 2001 pour Asiasat par exemple. Le satellite apparaît comme la technologie la plus efficace en matière de diffusion de chaînes de télévision. Toutefois, la montée en puissance ces dernières années de solutions alternatives : câble et numérique hertzien, ont généré certaines craintes. Les câblo-opérateurs sont les principaux concurrents des opérateurs satellites sur les marchés de la télévision, notamment aux Etats-Unis. Néanmoins, le câble est aujourd’hui dans une situation délicate en Europe où il a fait l’objet, ces dernières années, d’investissements importants, se traduisant actuellement par un niveau d’endettement insupportable. Mise en œuvre dans un nombre restreint de pays, la télévision numérique de terre (TNT) pourrait remplacer un jour la diffusion analogique. Bien que rencontrant de nombreuses difficultés (nécessité pour les foyers d’acquérir un décodeur, bande passante relativement limitée …), l’arrivée de la TNT fait craindre une déstabilisation du marché de la télévision payante et par extension des chaînes du câble et du satellite, vivant grâce aux abonnés prêts à payer pour disposer d’un bouquet de chaînes. Les chaînes et les bouquets, principaux clients des opérateurs satellite sur le marché de la diffusion TV, connaissent d’importantes difficultés financières, due notamment à la baisse des investissements publicitaires, à la hausse du nombre de chaînes, au ralentissement de la croissance du nombre d’abonnés et de la déception des annonceurs quant aux résultats d’audience. Cherchant à limiter leurs pertes et à générer des profits, les détenteurs de plates-formes numériques tentent de se rapprocher. Ce mouvement de concentration des bouquets satellite se précise partout dans le monde. Les offres numériques de télévision concernent aujourd’hui tous les supports de diffusion : le satellite, le câble et le hertzien. Désormais, 20 % des foyers TV des trois principales zones géographiques ont accès à la télévision numérique. Principale conséquence pour les opérateurs satellite du passage de diffusion actuellement simulcast à une diffusion purement numérique : la réduction de la bande passante nécessaire à la diffusion TV. Le taux d’utilisation des répéteurs du satellite AsiaSat 2 était par exemple de 62 % fin 2001, contre 67 % fin 2000. Les services de TV interactive (TVi) représentent de nouvelles perspectives de débouchés pour les fournisseurs de capacités satellitaires. La plupart des opérateurs de bouquets de services de TV par satellite en Europe proposent aujourd’hui une offre plus ou moins étendue de services de TVi. Les opérateurs de bouquets de TV satellitaires chercheront, à court et moyen terme, compte tenu de l’évolution de l’ARPU généré par ces services, à renforcer la gamme de services de TVi entrant dans leur offre. Toutefois, l’accroissement des besoins en capacités satellitaires des opérateurs de bouquets de services de TVi et des éditeurs de services ne devrait se faire sentir véritablement qu’à partir du moment où un niveau minimum de standardisation des systèmes de TVi sera atteint et dès que des services de TVi sophistiqués pourront techniquement être proposés à une large majorité de foyers TV numériques. Selon les estimations de l’Idate, la capacité satellite sur les marchés de la télévision en Europe de l’Ouest devrait occuper en 2010 plus de 300 répéteurs et représenter un chiffre d’affaires d’environ 927 millions d’euros. Pour l’Idate, deux conclusions se dégagent pour l’industrie du satellite à court-moyen terme : Les sources de profits, à court terme, sont probablement à chercher ailleurs que sur le marché des applications audiovisuelles grand public. En oeuvrant pour le développement de chaînes de TV professionnelles/institutionnelles, de services de TV en réseaux privés ou de services interactifs « riche média » pour le marché des entreprises, les opérateurs de satellite devraient enregistrer de meilleures performances financières sur le segment professionnel du marché. La mise en œuvre d’une politique tarifaire adaptée aux conditions de démarrage des nouveaux services audiovisuels est l’un des enjeux majeurs de court-moyen terme pour les fournisseurs de capacités satellite. (Christine Weissrock – Atelier Groupe BNP Paribas – 05/06/2002)