Introduite sur le Nasdaq le 29 mars dernier, Priceline, une société américaine de commerce électronique, pratique les enchères inversées : le consommateur fixe le prix de ce qu'il souhaite acheter (...

Introduite sur le Nasdaq le 29 mars dernier, Priceline, une société américaine de commerce électronique, pratique les enchères inversées : le consommateur fixe le prix de ce qu'il souhaite acheter (billet d'avion par exemple) et l'obtient en fonction des stocks disponibles et des autres offres. Créée en 1998, Priceline a réalisé un chiffre d'affaires de 30,4 millions de dollars (187,87 millions de F) en vendant 134 000 billets, les compagnies garantissant 1,9 million de billets. Priceline n'accepte que les offres dites "raisonnables", dont le prix n'est pas inférieur de plus de 30 % à un prix officiel "cassé" de compagnie aérienne. Priceline illustre tout à fait la révolution actuelle des modes de fixation de prix sur le web. Internet rapproche le consommateur de l'offre en lui facilitant l'accès à l'information et en lui permettant de mieux comparer les prix. Au travers de sites comme Onsale, iBazar ou eBay, 1,2 million d'internautes s'adonneraient déjà à la vente aux enchères sur Internet. Les sites de ventes aux enchères sur Internet se sont multipliés ces derniers mois en Europe. Deux catégories apparaissent : les sites comme ceux de Lufthansa ou Nouvelles Frontières attisant le tempérament opportuniste de leur clientèle et les sites pratiquant des enchères entre particuliers, comme ceux d'eBay et d'Onsale. Ayant levé avec Apax Partners 11 millions d'euros, l'anglais QXL annonce pour cette année un chiffre d'affaires de 70 millions de F (10,67 millions d'euros) avec un taux de progression mensuel de plus de 20 % et vient d'ouvrir un bureau en France. Aucland, un français, est, quant à lui, en train de finaliser son deuxième tour de table. Des investisseurs s'intéressent également aux sites de ventes aux enchères. Bernard Arnault, le PDG de LVMH, vient ainsi d'acquérir, pour 26,37 millions de F (4,02 millions d'euros), 20 % de la société britannique iCollector, spécialisée dans la vente aux enchères sur Internet, concurrent direct de Christie's. Ce dernier va d'ailleurs lancer son propre site en septembre prochain, tandis que son concurrent américain Sotheby's fonctionne déjà. Parallèlement, des sites de vente de dernière minute se développent comme ceux de Lastminutes ou de Dégriftour. Le consommateur pourra-t-il alors payer moins cher sur le Net ? Jean-Louis Gross, directeur associé chez la SSII CBS-Peat Marwick répond "oui, mais à condition que le cybermarchand accepte de répercuter sur ses tarifs les économies réalisées par l'informatisation de son fonctionnement". Directeur de la branche réseaux & télécoms de Sema Group, Yves de Talhouët, renchérit "en dehors des enchères où le client est le maître du prix de vente, le Net ne change pas les tarifs. Le prix reste un pouvoir classique de négociation". (Dossier de trois pages - La tribune - 29/04/1999)