Présents sur plusieurs plate-formes sociales, les grands groupes misent sur une nouvelle tendance, les "social walls", qui permettent aux collaborateurs comme aux consommateurs de suivre en temps réel l'activité des marques sur les réseaux sociaux.

Les Social Walls, plus répandus pour légitimiser l'action digitale des marques ?

Les marques disposent de plus en plus de profils sur les réseaux sociaux. Être présent sur Facebook, Twitter ou même Linkedin représente un grand potentiel pour ces groupes, afin de mieux connaître ce que pensent leurs consommateurs. Aujourd'hui, pour valoriser leur implication sur ces réseaux, des groupes tels que Norauto, BNP Paribas (dont L'Atelier est une filiale), Orangina et Citroën ont décidé de mettre en place des plate-formes uniques où circule l'activité des réseaux sociaux en temps réel. Certaines sont destinées aux collaborateurs, d'autres aux clients. Ainsi, Orangina-Schweppes France a décidé de miser sur un projet ambitieux, celui d'un dashboard en interne. Il s'agit d'une plate-forme qui anime la vie d'entreprise sous forme d'écrans installés à différents lieux du siège, comme l'explique Aline Bonnet, manager des stratégies média.

Une plate-forme pédagogique

Il aura fallu plus d'un an pour lancer cette initiative, un défi technologique pour la marque. "Il fallait définir la solution technique appropriée et la développer en temps réel" explique-t-elle. Sur cette plate-forme sont retranscrits en temps réel le fil des contenus social media. "Le dashboard a un double objectif, celui de valoriser la présence des marques sur les réseaux sociaux et un objectif de pédagogie auprès des collaborateurs" poursuit-elle. Norauto, l'entreprise spécialisée dans l'entretien et l'équipement des véhicules a elle aussi installé un mur physique composé de plusieurs écrans retransmettant en direct l'actualité des réseaux sociaux au sein de son siège. Pour Jérôme Dumont, responsable de la communication de la marque, cette initiative apparaît comme une façon "d'accoutumer les collaborateurs à ce nouveau type d'expression et de faire connaître l'avis des clients au cœur de l'organisation". L'opération, baptisée "Social Expérience" représentait toutefois un risque pour Norauto car elle n'effectuait aucune modération de contenu. Une volonté de transparence de la part de la marque. "Si quelqu'un est dans le hall du siège, il doit pouvoir vérifier que son message est visible sur le mur et qu'il ne s'agit pas d'auto-promo", précise Aude Criqui, responsable des relations médias pour le groupe.

Créer une relation durable avec le client

Autre initiative et autres enjeux pour BNP Paribas qui a récemment lancé son "Social Wall". Celui-ci rassemble des contenus issus de Twitter, Facebook mais aussi des plate-formes d'images comme Pinterest ou Instagram. Tout cela n'est pas seulement visible par les collaborateurs du groupe mais aussi pour ses clients. "Notre objectif premier est de démontrer la cohérence de nos actions, mettre en avant les événements soutenus par la marque", explique Basile Segalen, social media manager chez BNP Paribas. Par exemple, en présentant les coups de coeur de la marque et ses partenariats notamment avec le cinéma (La fête du cinéma) ou le tennis (Roland-Garros). Un enjeu de fidélisation client important pour le groupe qui souhaite exploiter au maximum ses contenus digitaux. Citroën a elle-aussi lancé sa vitrine en temps réel de e-réputation. C'est dans son magasin des Champs-Elysées que la marque a installé quatre écrans qui dressent un panorama de sa vie sur la toile. L'occasion de prouver que Citroën est dans l'air du temps et d'illustrer son slogan "Créative technologie". Tout comme le système mis en place par Norauto, les écrans diffusent du contenu non modéré exception faite des insultes, ce qui permet à tous les visiteurs de lire ce que l'on peut dire sur la toile à propos de Citroën. "Comme le showroom Citroën des Champs-Elysées draine chaque année 5 millions de visiteurs, il est intéressant pour la marque de permettre une interaction entre public physique et digital", explique Gérald Coutant, de l'Agence Jasper qui a mis en place le Social Club.

Rédigé par Marion Auvray