Utiliser le smartphone pour transmettre les odeurs. L’idée n’est pas neuve mais, depuis peu, les projets se multiplient avec des objectifs très variés. Sans toutefois parvenir vraiment à la commercialisation.

Les technologies de transmission d’odeurs en sont encore à leurs balbutiements

Le smartphone transmet des images, des vidéos, des écrits, des sons mais qu’en est-il des odeurs ? Plusieurs technologies ont vu le jour depuis peu. Via un petit bouton branché au téléphone (comme le dispositif de Scentee) ou à l’aide d’un appareil connecté à part, plusieurs projets ont voulu se servir de cet outil pour transmettre les senteurs. Dernier en date, le « o-phone » de la start-up Vapor Communications se diversifie désormais pour accompagner d’odeurs les e-books, les chansons et les vêtements. Après l’envoi d’odeurs à ses contacts, on pourrait donc sentir les ambiances vécues par le héros de son roman, associer un air de musique à une senteur, et propager un parfum à travers un vêtement. Les applications sont tellement variées qu’elles déconcertent. À quoi sert donc vraiment la transmission des odeurs par le smartphone ? Si l’on fait un tour rapide des projets, le constat est clair : la culture domine.

 

La culture, premier champ d’application

Le cinéma l’avait tenté au Japon, les livres électroniques et la musique suivent désormais. Les divers projets de Vapor Communications mettent en évidence la prédominance de la culture dans les applications de ces technologies liées à l’odorat. C’est aussi ce qu’a tenté de faire le Japan Institute of Information and Communication Technology avec le Multi aroma shooter, un petit appareil branché en USB qui transmet des odeurs liées au film ou au jeu en cours sur l’ordinateur. Bien souvent synonymes d’émotions et de souvenirs, les odeurs ont en effet un immense potentiel pour l’industrie du divertissement. C’était l’idée derrière le gadget créé il y a deux ans et baptisé Madeleine en hommage à Proust. Mais bien au-delà de l’émotion d’autres évoquent des applications dans le domaine du e-commerce : on pourrait sentir un parfum, un café, une épice avant de l’acheter. Pour le moment aucun projet n’a pu percer dans ce domaine.

 

L’éphémère : horizon indépassable ?

Et, même si l’on regarde la culture pionnière dans ces expérimentations, il est assez frappant de constater que les applications sont bien souvent très éphémères. Rares sont les projets à avoir atteint l’étape de la commercialisation. Le « o-phone » y est parvenu depuis le début de l’année mais les expériences de cinéma olfactif comme celle du Japon ont été très ponctuelles. Les projets de livre et de chanson olfactifs sont quant à eux destinés à des musées pour des expositions et non à un usage de masse. De même, pour ce qui est du commerce, l’entreprise alimentaire américaine Oscar Mayer avait ainsi vendu, dans le cadre d’une campagne publicitaire, des petits boutons branchés au smartphone qui réveillaient les consommateurs avec l’odeur du bacon grillé. Encore une fois, le projet vise l’éphémère. Téléphone et senteurs semblent donc avoir encore du mal à s’accorder, dans la durée en tout cas.

Rédigé par Guillaume Scifo