“La Voie de l’avenir” situé dans le centre ville, a ouvert ses portes fin novembre. Près de 30 ordinateurs attendent les internautes qu’une partie du clergé qualifiait il n’y a pas si longtemps de “...

“La Voie de l’avenir” situé dans le centre ville, a ouvert ses portes fin novembre. Près de 30 ordinateurs attendent les internautes qu’une partie du clergé qualifiait il n’y a pas si longtemps de “satanique”. Pas question pour autant de déroger aux règles islamiques. Le cybercafé iranien se connecte à Internet via NedaNet, un serveur semi-public qui filtre tout site non autorisé. Mohammed Rad, le patron du lieu, explique “nous demandons à nos clients, s’ils se connectent par hasard à un site qui ne respecte pas les règles islamiques de bien vouloir nous le signaler et d’arrêter la recherche”. Le tarif est de 20 000 rials de l’heure (6,5 dollars), café ou thé compris, avec un supplément si l’on fait appel aux services d’un formateur. Les consoles pour femmes sont installées au rez-de-chaussée, celles beaucoup plus nombreuses pour hommes, au premier étage, avec le percolateur à café. Pour l’instant, les clients sont encore peu nombreux. Longtemps, les autorités ont confiné Internet aux officiels. Toutefois, un important centre religieux s’est spécialisé, depuis quelques années, dans l’apprentissage de l’Internet pour le clergé, favorisant ainsi l’apparition des “cybermollahs”. Elu l’an dernier, le président Mohammed Khatami s’est prononcé pour une ouverture vers l’Internet qui rencontre un succès de plus en plus important à travers le pays. La presse est de plus en plus présente sur le Web. De nombreuses boutiques abandonnent aujourd’hui le commerce du tapis peu rentable pour se lancer dans le marché du matériel informatique. (Libération 10/12/1998)