A la différence de la Grande-Bretagne ou de l’Allemagne, la télévision publique française prend un retard jugé inquiétant par le CSA dans la révolution du numérique. Dans son rapport, réalisé à la...

A la différence de la Grande-Bretagne ou de l’Allemagne, la télévision publique française prend un retard jugé inquiétant par le CSA dans la révolution du numérique. Dans son rapport, réalisé à la demande de l’Assemblée nationale et du Sénat, publié hier, le CSA tire la sonnette d’alarme sur ce développement. Michel Fansten, chef du service des études du CSA, précise “En France, la télévision publique est menacée de marginalisation, elle risque d’être largement absente de l’offre numérique”.

Les chaînes publiques en Grande-Bretagne, par exemple, ont pu devenir opérateur dans le numérique hertzien. Six fréquences ont déjà été attribuées par les autorités, dont une à la BBC, une à ITV, une à Channel 5 et une à Ondigital. Equipés de paraboles, les téléspectateurs pourront dés janvier capter des programmes numériques de la BBC par voie hertzienne. Ce passage est prévu en Allemagne dans les prochaines années. Bien financées, les chaînes publiques pourront faire, le moment venu, les investissements nécessaires. Bien que la télévision publique soit sinistrée en Espagne, les autorités ont décidé de passer au “tout numérique” d’ici à 2010.

Bien que les téléspectateurs français soient les plus avides de numérique en Europe, le marché en France est encore largement dominé par des opérateurs privés (CanalSatellite et TPS). Même si les programmes de France 2 et France 3 sont diffusés en numérique sur TPS, les chaînes publiques ne sont pas opérateurs. Ce problème est avant tout lié aux insuffisances du financement. En France, selon l’étude du CSA “les réflexions sur la mise en œuvre du numérique hertzien terrestre n’en sont qu’à leur début. Quelles qu’en soient les formes, la participation du secteur public au développement de la télévision numérique et à la création de chaînes thématiques impliquent un accroissement de ses moyens. Elle passe par des alliances, quelquefois paradoxales, entre partenaires publics et privés, nationaux ou internationaux”. Selon Hervé Bourges, le président du CSA, “en France seulement, les opérateurs disent ne pas s’en soucier. Mais …. de même que le Minitel n’a pas permis à France Télécom d’entraver le passage à Internet, de même l’intérêt des bouquets satellites ne freinera pas longtemps le développement de la diffusion numérique hertzienne”. (La Tribune 18/12/1998)

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