Présente depuis 1907 aux Etats-Unis, “Discrète, conservatrice et professionnelle”, UPS souffre d’une image un peu vieillote. L’entreprise est maintenant confrontée à trois changements majeurs: l’in...

Présente depuis 1907 aux Etats-Unis, “Discrète, conservatrice et professionnelle”, UPS souffre d’une image un peu vieillote. L’entreprise est maintenant confrontée à trois changements majeurs: l’internationalisation de ses activités, l’apparition du commerce électronique et la montée en puissance de la logistique. Malgré plus de 5 milliards de F par an d’investissements informatiques qui lui permettent de suivre en temps réel et par satellite chacun des 12 millions de colis qu’elle transporte dans ses 500 avions, la société dispose d’un trésor de guerre “considérable”. Y réalisant environ 12 milliards de F de chiffre d’affaires, soit 10 % de son activité totale, UPS tisse lentement mais sûrement sa toile en Europe. Aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et à Singapour, UPS dispose d’entrepôts où elle gère les stocks de certains de ses clients.

Selon le PDG d’UPS, Jim Kelly, “le commerce électronique est aujourd’hui à ses débuts, mais constituera, à n’en pas douter, une part significative de nos activités dans les dix prochaines années”. Pour UPS, le commerce électronique est à la fois une chance, mais aussi un risque. En effet, si demain chacun se met à faire ses courses sur Internet, il faudra bien qu’en entreprise assure la livraison de la commande. Le marché est potentiellement énorme. Toutefois, le risque provient de la transmission de documents sur Internet qui réduit d’autant le nombre de documents à transporter. Ceux-ci représentent aujourd’hui 38 % de l’activité d’UPS dans le monde (57 % aux Etats-Unis). Dès juin, prenant de vitesse la plupart de ses concurrents, UPS a lancé deux services on line, assurant le transfert de documents en vérifiant l’identité de l’émetteur et du récepteur et en assurant la confidentialité de l’envoi. Tout en se refusant à plus de précision, les dirigeants d’UPS affirment “nous avons d’ores et déjà plus de 2 000 clients”. (Le Monde - 06/10/1998)