Au cours du premier trimestre 2014, le jeune marché des tablettes numériques a accusé un ralentissement des ventes. Ce constat pose la question de l'avenir du secteur et des moyens qui lui permettraient de se renouveler.

Les usages de la tablette numérique doivent se renouveler
Le ralentissement des ventes de tablettes numériques a été mis en évidence dans une étude publiée par le cabinet de conseil IDC. Au total, 50,4 millions de tablettes ont été vendues à travers le monde entre début janvier et fin mars. Si ce chiffre est en hausse de 3,9% par rapport à la même période en 2013, le secteur - toutes tailles, marques et systèmes d'exploitation confondus - accuse un ralentissement dans sa croissance globale. Certains constructeurs voient même leurs parts de marché diminuer, comme c'est le cas d'Apple, dont les ventes ont diminué de 16,1% par rapport au premier trimestre 2013. L'expert en terminaux mobile chez Idate, Basile Carle, remarque qu' "un marché qui s'essouffle dès sa cinquième année d'existence, cela pose des questions.", il estime que "ce ralentissement permet d'avertir les constructeurs que le marché des tablettes recherche un nouveau souffle.". Mais cette baisse de croissance s'explique par plusieurs raisons.
 

La tablette tiraillée entre PC et smartphone

Tout d'abord, le secteur des tablettes est face à un dilemme : " Alors que les constructeurs de tablettes ont d'abord misé sur une offre de terminaux plus mobiles et faciles d'accès que les ordinateurs portables, on assiste à un phénomène imprévu. Les ordinateurs deviennent toujours plus légers, transportables et il en existe même à écran tactile. En réaction, pour ne pas perdre de parts de marché, le secteur des tablettes numériques pourrait avoir intérêt à développer un usage se rapprochant de celui du PC ", selon Nicolas Blaisot-Balette, un expert du cabinet de conseil Thiga. Peut-être encore plus notable, il existe la concurrence des smartphones. En effet, le succès des phablettes, ces téléphones à écran large, rend presque obsolète la possession d'une tablette qui n'a plus comme avantage qu'une taille d'écran rendant plus agréable la lecture de textes ou de films. Une autre explication pourrait être l'atteinte de la saturation du marché des tablettes - toutes les personnes ciblées seraient déjà équipées.
 

Des pistes pour les constructeurs

Quoi qu'il en soit, il apparaît que les constructeurs doivent se renouveler pour pallier le manque à gagner d'un marché qui s'est montré très lucratif depuis cinq ans. Ceci pourrait passer par un surcroit de valeur ajoutée par rapport aux smartphones, ou simplement une diminution des prix, pour toucher de nouveaux publics. "Peut être que des efforts pourraient encore être portés sur l'intégration de la tablette au sein du foyer numérique", propose Basile Carle. Ou bien au contraire, "il faudrait concentrer les efforts sur la mobilité du terminal et essayer de limiter encore son poids, et développer ses usages". Nicolas Blaisot-Balette évoque quant à lui un nouveau marché dont pourraient s'emparer les constructeurs, celui qui consiste à utiliser les tablettes comme supports d'affichage public interactif. Il s'agit, selon l'expert, d'un "nouveau segment qui vaudrait le coup d'être exploité, notamment dans la grande distribution". Et ce nouvel usage dispenserait les industriels du choix entre un rapprochement vers le PC ou vers le smartphone.
 
Rédigé par Lucie Frontière
Journaliste