Des anciens d’Apple conçoivent en 1996 à Palo Alto le décodeur WebTV, permettant aux Américains de surfer depuis leur salon en réceptionnant Internet sur leur téléviseur. Il suffit d’un boîtier et d...

Des anciens d’Apple conçoivent en 1996 à Palo Alto le décodeur WebTV, permettant aux Américains de surfer depuis leur salon en réceptionnant Internet sur leur téléviseur. Il suffit d’un boîtier et d’une télécommande infrarouge. Une nouvelle version Web TV Plus, disponible sur le marché depuis décembre 1997, transforme la télévision en un outil multimédia performant pour 199 dollars et un abonnement mensuel de 25 dollars. Le Web TV Plus permet non seulement d’envoyer et de recevoir du courrier électronique, mais autorise une véritable synergie entre le téléviseur et le contenu du Web grâce au système de liens. La société Web TV Nertwork Inc propose aux diffuseurs d’annoter leurs émissions d’un signal qui, une fois activé, permet la connexion à des sites Internet. Le téléspectateur peut ainsi faire apparaître des pages Web dans des fenêtres se superposant à son programme télé. De plus, les documentaires diffusés sur des chaînes câblées, comme Discovery Channel, sont reliés à des sites Web offrant une multitude d’informations sur le sujet abordé. Mais le WebTV est aussi une véritable aubaine pour les annonceurs qui ont mis au point des liens entre leurs spots publicitaires et leur site Web de vente. Sans aucun doute, ce système permet d’accroître le commerce électronique. En 1997, les transactions par carte bancaire sur le Web auraient atteint 5 milliards de dollars, soit cinq fois plus qu’en 1996 (source American Express).

350 000 Américains se sont laissés séduire par l’expérience du WebTV. Comme le commente Steve Permiman, président de WebTV Network “même si ce chiffre reste modeste, la connexion Internet par l’intermédiaire de la télévision représente aujourd’hui 20 % du trafic total américain sur le Web. Les abonnés passent deux fois et demie plus de temps connecté ainsi au Web que ceux qui utilisent leur PC”. Ce concept de WebTV ne pouvait laisser Microsoft indifférent. Pour 425 millions de dollars, ce dernier a racheté ainsi la société de Palo Alto, titulaire du brevet, devenue depuis août 1997 filiale du géant américain. Sachant que le câble équipe déjà 68 millions de foyers américains, les ingénieurs outre-atlantique se concentrent sur la convergence entre télévision par câble et Internet. Testée actuellement dans la région de San Francisco, cette fusion permet des vitesses de connexion cent fois plus rapide que par modem.

Le WebTV exporté au Japon avec succès depuis décembre 1997, testé en Angleterre à l’heure actuelle, arrive en France. Pour favoriser le lancement de son décodeur, Microsoft a pris des participations au sein de Thomson Multimédia.

En partenariat avec Bull, une société française Netgem a conçu de son côté la Netbox qui sera sur le marché dès le mois d’octobre. Mais pour l’instant il n’y a pas fusion entre les technologies. Le poste de télévision ne sert que de réceptacle passif au contenu d’Internet. Pour permettre à Netbox de pénétrer dans le troisième millénaire du Web, les diffuseurs français vont devoir intégrer à leurs programmes le fameux signal. (Le Figaro - 03-04/10/1998)