Retail

Une application milite contre les excès de la fast-fashion

  • 05 Fev
    2018
  • 2 min

L'industrie de la mode est exposée à des phénomènes d'ultra-consommation qui poussent certaines chaînes à surexploiter les travailleurs et rendre la mode jetable, avec tout ce que cela implique en terme de pollution.

Selon le Danish Fashion Institute, le secteur du textile serait la deuxième industrie la plus polluante au monde, derrière celle du pétrole. En cause, l'essence même de la mode, au sens propre comme au figuré, qui se veut obsolescente, temporaire et jetable. En somme, clairement « anti-écologique ». En France, près de 700 000 tonnes de vêtements sont consommées chaque année, dont moins d'un tiers sont recyclés. Chaque année, chaque Français jette douze kilos de vêtements et 70 kilos ne sont jamais portés. Pourtant, les choses ne sont pas figées et de plus en plus d'initiatives s'attachent à repenser le cycle de vie d'un vêtement, de sa conception à sa fabrication en passant par son utilisation et sa fin de vie. Cela revient à s'assurer que les conditions de travail ne soient pas dictées et soumises aux exigences d'une industrie qui demande d'aller toujours plus vite, quitte à enfreindre des règles éthiques pourtant essentielles, et de lutter contre le gaspillage textile. En ce sens, l'application anglaise NotMyStyle appelle à la responsabilisation de tous en proposant toute une chaîne de sensibilisation, d'information et d'action. Elle ambitionne de livrer aux consommateurs les informations essentielles sur l'éthique et l'impact écologique d'une marque ou d'un vêtement au travers d'un système de classement tripartite : Stop (pour les marques ne fournissant que peu de transparence au niveau de leur chaîne d'approvisionnement), Think (pour des marques intermédiaires) et Shop (pour les initiatives les plus ouvertes). Par ce biais, ses créatrices entendent à la fois responsabiliser les marques, mobiliser les consommateurs, changer les circuits et les habitudes de consommation et donc, in fine, les conditions de travail dans l'industrie, dont on sait qu'elles sont difficiles et le plus souvent le fait de femmes dans les pays en développement. Car un nouveau regard sur nos modèles économiques au travers de nos propres dressings peut assurément contribuer à changer le monde.

Rédigé par Théo Roux