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La blockchain est-elle le futur de l'industrie musicale ?

  • 24 Avr
    2018
  • 2 min

Lors du dernier Dublin Tech Summit, maisons de disque, artistes et spécialistes de la blockchain se sont réunis pour évoquer les bénéfices de cette technologie sur le business model de l'industrie musicale.

En ce qu'elle promet de protéger les droits d'auteur et les droits afférents aux différentes parties prenantes d'un projet musical, la blockchain promet de panser les plaies d'une industrie sévèrement touchée par la digitalisation des contenus. En effet avec l'apparition du Mp3, des réseaux de peer to peer et les plateformes de streaming, l'industrie musicale a été fortement impactée. Les maisons de disques comme les artistes sont les premiers à payer le lourd tribu de ce changement de "business model". Des artistes comme Adèle ou Taylor Swift ont manifesté leur colère à l'encontre des conditions de rémunération des plateformes comme Spotify ou Apple Music. D'autres comme Prince, Madonna ou Radiohead se sont fortement engagés contre le téléchargement illégal, en allant jusqu'à donner leur album gratuitement. Evidemment, la technologie blockchain ne peut pas résoudre tous les maux de l'industrie musicale, mais elle peut néanmoins rassembler artistes, auteurs, compositeurs, producteurs et industriels au sein d'un système où chacun serait gagnant. 

Comme l'a expliqué Ken Umezaki, co-fondateur de Dot Blockchain Media, sur la scène du Dublin Tech Summit 2018, une simple chanson fait intervenir un grand nombre de personnes qui tous contribuent soit à la création, la production, la promotion ou la gestion du titre et qui, donc, jouissent de droits attenants à leur participation. Imaginez donc un album entier, mieux encore, le catalogue complet de l'artiste. Ken Umezaki a par ailleurs montré que la simple chanson Freedom de Beyoncé, figurant sur son album Lemonade, créditait pas moins de 27 personnes, que ce soit pour le "featuring", les "samples" ou les crédits de production. Tout cela est donc très complexe à gérer. En cela, de plus en plus de compagnies telles que Warner Music, Live Nation ou même Universal, utilisent des smart contracts pour distribuer les droits d'auteur et garantir la paternité ou le travail d'un acteur sur un contenu donné. Aussi, un contenu digital lié à une blockchain peut en lui même contenir les informations prouvant son originalité (date d'achat, fournisseur, maison de disque, date de sortie, producteurs, paroliers et interprètes ...). Une manière pour les artistes de voir leurs droits d'auteur gravés dans la pierre pour ne pas dire ... dans la chaîne de blocs.

Rédigé par Théo Roux