Que cela soit dans les pays en voie de développement ou dans les pays industrialisés, l’Internet est encore loin d’être utilisé par l’intégralité de la population mondiale. Mais selon les régions, les raisons ne sont pas les mêmes.

Accès à l’Internet : encore de nombreux bastions à conquérir

En 2000, 48 % des Américains n’utilisaient pas le net. Quinze ans plus tard, ils ne sont plus que 15 % selon l’enquête du cabinet Pew Research. Si la statistique a drastiquement chuté, elle interroge tout de même. Qui sont donc ces 15 % d’irréductibles ? Lorsqu’on regarde dans le détail, on est frappé d’un constat : le problème ne vient pas du matériel. Les populations américaines rurales et citadines ne sont en effet pas très éloignées quant à leur taux d’accès. L’étude suggère donc plutôt une question de mentalité.

15 % d'Américains n'utilisent toujours pas le web selon Pew Research. Ils ne sont pourtant que 2 % à ne pas avoir accès au réseau.

D’autant que le taux d’internautes dans la population globale stagne depuis 2012 voire baisse légérement chez les plus jeunes. Le taux d'utilisation du web chez les 18-29 ans passe ainsi de 97 % à 96 % entre 2014 et 2015. Dans le même temps, les équipements progressent : seuls 2 % des Américains n’ont accès à aucun fournisseur Internet en 2013 selon la Commission  fédérale sur les communications. Des données en réalité symptomatiques d’un nouveau phénomène.

Un désintérêt pour le net

Ce sont en effet les plus éduqués parmi les Américains (ceux qui sont allés à l’université) et les classes moyennes riches (entre 30 000 et 49 000 dollars de revenus annuels) qui connaissent cette légère chute du taux d'internautes. Assisterait-on donc à un rejet de l'Internet parmi certaines populations ? Un autre rapport de Pew Research de 2013 avait interrogé les « non-utilisateurs du net ». Plus d’un tiers (34 %) soulignaient l’absence d’intérêt. Les autres raisons citées – plus minoritaires – tenaient aux difficultés à maîtriser les outils ou les coûts. Le désintérêt envers le web apparaît donc comme le principal obstacle à sa propagation.

Chiffres pour les États-Unis
 

Un seul problème, deux réalités

En dehors des États-Unis en revanche, les retards d’accès à l’Internet tiennent bien plus à des problèmes techniques qu’à un désintérêt croissant. L’université d’Oxford vient ainsi de publier une carte des zones les moins bien couvertes par le web. Les chercheurs anglais ont mis en lumière  un « archipel de la déconnexion » soit les pays dans lesquels moins de 10 % de la population est équipée.

 

Dans cet archipel, on trouve principalement les pays d’Afrique sub-saharienne et le Moyen-Orient. Des régions dans lesquelles soit le prix soit l’absence de réseau rendent l’accès au net difficile voire impossible selon l’International Telecommunication Union.

Google à la rescousse

Face à ces phénomènes, Google tente de fournir des solutions : on connaît ainsi le projet de la firme pour lancer des ballons pour connecter le monde entier. Google serait même en train de développer cette solution pour le Sri Lanka. Mais le géant du net s’attaque aussi aux « non-utilisateurs » américains puisqu’il prévoit de fournir un accès Internet fibre gratuit dans plusieurs villes pour les logements sociaux.

Rédigé par Guillaume Scifo