Les études se multiplient quant aux effets néfastes des smartphones sur le comportement et la vie sociale. Et toutes mettent une évidence une dégradation de cette dernière, due au caractère addictif de ces nouveaux outils, qui entrainent un transfert de la vie privée du réel au virtuel.

Quand l'addiction au smartphone déborde sur la vie de bureau

Il y de cela deux semaines, une équipe de chercheurs de l’Institut d’information technologique de Helsinki mettait en garde contre le caractère addictif des smartphones. L'Institut OfCom abonde en ce sens, puisque sa dernière étude, menée auprès d'un panel de plus de 2500 adultes et adolescents, met en évidence la prise d'importance démesurée de ce type de téléphones dans la vie quotidienne, et ce notamment dans le cas des adolescents. Les BlackBerry et l'iPhone constituent évidemment les fers de lance de cette tendance, puisqu'ils représentent à eux deux plus de 50% du marché des mobiles, et notamment dans les entreprises. 

Les fonctionnalités sociales des smartphones rendent dépendants

L'étude souligne ainsi le haut taux de personnes pouvant être considérées comme accros au smartphones. Ainsi 47% des adultes et 60% des adolescents interrogés admettent avoir développé une forte addiction à ces nouveaux outils, et ce, dès le matin au réveil jusqu’au soir dans leur lit... Selon James Thickett, directeur de recherche de Ofcom, "les résultats mettent en lumière la vitesse à laquelle les utilisateurs finissent par se reposer sur ces nouveaux outils, jusqu'à en devenir complètement accro". Ce phénomène peut s'expliquer par les applications nombreuses proposées sur les smartphones, et qui ne sont pas présentes sur des téléphones plus classiques. De plus, le smartphone s’impose de plus en plus comme un outil social à part entière. 

Des outils chronophages, même au travail

Les comportements engendrés par cette addiction sont assez problématiques. De fait, ils empiètent de manière conséquente sur la vie en société et dans l’entreprise. 
Ainsi, 27% des adolescents reconnaissent user de leurs smartphones durant les repas, et 37% lorsqu'ils sont au cinéma. Mais le phénomène ne se limite pas à cette catégorie d’âge. Les limites entre le travail et vie personnelles deviennent également de plus en plus floues. Selon l’étude, 30 % des interrogés affirment prendre des appels personnels pendant les heures de bureau. Mais à l’inverse, les utilisateurs de smartphones n’hésiteraient plus à prendre des appels professionnels pendant leurs vacances. Plus de 70 % l’auraient effectivement déjà fait au moins une fois, tandis que 24 % le font régulièrement.