L'université de Göteborg souligne l'importance de la lisibilité des genres - féminins ou masculins - dans les interactions entre les individus. Un phénomène qui se produit dans les mondes réels comme virtuels.

Adopter l'attitude classique et attendue de la part d'un homme ou d'une femme facilite l'intégration, note une chercheuse de l'université de Göteborg, qui s'est intéressée à la manière dont les genres sont créés au cours de la vie quotidienne. Cela auprès de jeunes enfants. Résultat : certains comportements sont classés par les individus comme appartenant à un genre ou sont considérés comme ‘normaux’ et plus appropriés que d’autres selon le sexe de la personne. Et selon elle, ces stéréotypes de ressemblance influent sur les échanges sociaux et sur la ‘place’ au sein d’un groupe détenu par les individus. Une tendance qui se retrouve dans les univers virtuels, où les joueurs sont représentés par des avatars.

Des signaux qui caractérisent le genre d’un individu

Personnage à qui les individus accolent souvent un genre bien défini pour envoyer des informations sur ce qu’ils sont. "Des signaux d’autant plus important qu’il n’y a, dans les univers virtuels, rien de réel auquel les utilisateurs peuvent se raccrocher pour assurer la crédibilité", explique à L'Atelier Hélène Zuili, dirigeante de Makemyworlds. Dans ce jeu des genres, "il existe une perception stéréotypée de la femme et de l’homme qui se retrouve par exemple dans le choix de la démarche de l’avatar". Le but ? "Améliorer l’information envoyée et perçue par les individus", ajoute-t-elle. Car quand les avatars adultes adoptent des figures telles que la 'femme type' ou 'l'homme type', "elles deviennent compréhensibles et lisibles pour les autres en tant que 'sujet sexué'", poursuit Hélène Zuili. 

La reconnaissance du genre influe sur la position d’un individu dans le groupe

Fait d'autant plus important, souligne-t-elle, que les environnements pervasifs sont grandement modelés et définis par les personnages qui les peuplent. "L’avatar va permettre d’exprimer, d’influencer et de donner une illusion de ce qu’est une personne dans le rapport social", conclut la responsable. Point important de l’étude, ce sont les personnes dont le genre est le plus reconnaissable ou correspondant aux stéréotypes qui sont les plus pris en compte par le groupe et la hiérarchie. D’ou le fait que si certaines personnes adultes ou enfants ont un genre lisible, d’autres choisissent d’exacerber des signaux afin de renvoyer aux récepteurs des messages clairs sur leur représentation.