Lors d'une réunion à Nairobi au Kenya, les représentants officiels de l'industrie du logiciel ont conclu que près de 81% des logiciels utilisés sur le continent africain sont des copies...

Lors d'une réunion à Nairobi au Kenya, les représentants officiels de l'industrie du logiciel ont conclu que près de 81 % des logiciels utilisés sur le continent africain sont des copies piratées. Et ce constat n'a rien d'anecdotique : ce piratage de logiciels provoquerait un manque à gagner évalué à 12,4 milliards de dollars.
 
Ces logiciels proviendraient de pays dans lesquels les lois sur le copyright sont aisément contournables comme l'Inde, le Pakistan, la Malaisie, la Chine ou les Emirats Arabes Unis.
 
L'impact du piratage sur l'économie locale est donc conséquent et limite la croissance de l'industrie africaine. D'après les observateurs, le seul moyen de remédier à ce problème serait d'encourager les états africains à édicter des lois sur la propriété intellectuelle.
 
"Nous ne pouvons accepter, sans rien faire, de laisser notre travail se faire pirater", a précisé Abed Hlatshwayo, le directeur de la lutte anti-piratage de Microsoft pour l'Afrique de l'est et du sud. Mais les experts ont également reconnu qu'il sera difficile d'inciter les Africains à travailler sur des logiciels légaux.
 
"Les gens ne veulent pas payer pour ce qu'il leur est aisé de se procurer gratuitement", a souligné James Kusewa, directeur de développement pour la société Dimensions Data, un éditeur de logiciels en Afrique de l'Est. Et d'ajouter : "C'est difficile, mais les compagnies logicielles ont besoin de convaincre les gens de prévoir un budget informatique et d'acheter des logiciels par des moyens prévus à cet effet pour mieux se rendre compte de la valeur d'un logiciel authentique, incluant les mises à jour de sécurité, les mises à jour de produits [...]".
 
En outre, une diminution de 10 % du piratage au Moyen-Orient et en Afrique pourrait augmenter de façon significative la croissance des entreprises logicielles et aboutir ainsi à des revenus d'environ 22,5 milliards de dollars d'ici trois ans.
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 18/10/2006)